C'est quoi les néonicotinoïdes, ces insecticides tueurs d'abeilles ?

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INSECTICIDES - Ils sont au cœur du dernier couac en date du gouvernement. Les néonicotinoïdes, ces insecticides controversés, auraient fait selon RMC l'objet d'une possible remise sur le marché qu'aurait un temps approuvé le gouvernement, avant de reculer sur la question. Mais au fait, c'est quoi leur problème ? Explications.

Le couac du gouvernement, lundi 26 juin, a réveillé le débat. Selon un document de travail interministériel que s'est procuré RMC, le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert aurait envisagé d'autoriser à nouveau les néonicotinoïdes, ces pesticides tueurs d'abeilles dont l'interdiction avait déjà été actée dans le cadre des débats autour de la loi sur la biodiversité, promulguée en août 2016.


Suite aux fermes résistances de Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, le gouvernement a éteint l'incendie, en assurant, en début d'après-midi, ne pas compter revenir sur l'interdiction de ces substances controversées. Mais au fait, c'est quoi au juste les néonicotinoïdes ? Pourquoi ces produits posent-ils davantage de questions, encore, que les autres types d'insecticides ? 

  • 1Les néonicotinoïdes, qu'est-ce que c'est ?

    Les néonicotinoïdes sont un ensemble de substances chimiques insecticides commercialisées à grande échelle par les géants du milieu agricole, à l’image de la marque Bayer. Depuis les années 1990, date à laquelle ont été délivrées les premières autorisations, une étude de l’Ineris, qui relève des données technico-chimiques en France, a dénombré sept composés issus de la famille des néonicotinoïdes : l’acétamipride, la clothianidine, le dinotéfurane, l’imidaclopride, le nitenpyrame, le thiaclopride et le thiaméthoxame. Selon la Fondation pour la recherche sur la biodiversité, ces produits représentent un tiers des insecticides vendus dans le monde.  En France, ils sont utilisés notamment pour doper la production de betterave sucrière, plaçant la France au premier rang européen de production de sucre.  

  • 2Comment ça fonctionne ?

    Les néonicotinoïdes fonctionnent en ciblant, chez les insectes nuisibles, les neurones du système nerveux central, entraînant une mort par paralysie. De plus, ces substances sont pensées pour être diffusées de manière préventive : c’est-à-dire qu’elles sont, la plupart du temps, placées dans l’enrobage des semences de céréales. Et ce, que la présence de ravageurs dans la culture ait été constatée… ou non. 


    Dans les vergers, le cultivateur va plutôt procéder par aspersion du champ. Mais les néonicotinoïdes, qui sont des substances "systémiques", agissent et circulent dans l’organisme entier de la plante. Elles ne restent pas qu’en surface, sur les feuilles par exemple, mais pénètrent au cœur de la semence. 

  • 3Quels problèmes posent ces substances ?

    Ce fonctionnement à large spectre et à forte persistance pose plusieurs problèmes. D'abord, un certain nombre d'études scientifiques sur le sujet font consensus autour de la question de la mise en danger des abeilles domestiques. Outre les insectes nuisibles, les néonicotinoïdes agissent également sur les pollinisateurs en attaquant leur système nerveux central. Et s'ils ne les tuent pas directement, il contribue à les désorienter, mettant ainsi à mal leur capacité de reproduction. Dans une publication de janvier 2016, l'Anses (agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation) insistait sur les "sévères effets négatifs sur les espèces pollinisatrices" des néonicotinoïdes. 


    Autre problème, relevé par la Fondation pour la recherche sur la biodiversité. Cet organisme indique que plus de 90% de ces produits se retrouvent dans les sols et peuvent y rester "plusieurs jours à plusieurs mois ou années". Ils sont également "solubles dans l'eau, ce qui facilite la contamination des écosystèmes aquatiques et des nappes phréatiques". Des substances bien difficiles à éliminer, donc, quand bien même les cultivateurs décideraient de transformer leur rapport aux pesticides .

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