"C'est une ligne 13 imaginaire, non ?" : quand les usagers dézinguent les mesures censées rendre le métro plus confortable

"C'est une ligne 13 imaginaire, non ?" : quand les usagers dézinguent les mesures censées rendre le métro plus confortable

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METRO-BOULOT-DODO - Enlever les strapontins, mettre des ports USB pour recharger les téléphones... Les mesures annoncées par Ile-de-France mobilités pour rendre plus confortable la ligne 13, peuvent-elles vraiment changer la vue de ses usagers ? Les usagers ne semblent pas convaincus. Quant à la Ville de Paris, elle demande à la Région de revoir sa copie.

Les habitués de la ligne 13 le savent. L’emprunter aux heures de pointe n’est pas vraiment une partie de plaisir. Plutôt même un véritable... enfer. Le matin ou le soir, les mêmes scènes se répètent : des wagons blindés, au point que les passagers doivent pousser pour entrer, collés les uns aux autres au point de ne pouvoir lever la main pour se gratter le nez ; le tout serait moins drôle sans une atmosphère caniculaire ; et tant qu’à pimenter, il arrive que la rame se bloque entre deux stations, à cause d’un problème divers - la panne de signalisation est souvent invoquée. En découlent stress, énervement, poussées entre voyageurs, voire même crises de larmes.


La structure régionale en charge des transports, Ile-de-France mobilités aurait-elle pris la mesure du problème ? En tout cas, la présidente Valérie Pécresse était mercredi en visite sur le poste de commandement de la ligne, et a annoncé jeudi plusieurs mesures "destinées à améliorer le confort, l’information voyageur et les services".

Une ligne dont le trafic ne cesse de croître

La ligne 13 est en effet celle qui affiche le taux de charge le plus important du réseau en heure de pointe, à cause, notamment, de ses deux branches au nord particulièrement denses.  La ligne est en effet empruntée quotidiennement par 650 000 voyageurs avec une augmentation continue du trafic : plus de 3% par rapport à 2017. Une hausse qui ne devrait pas ralentir, avec l’ouverture du nouveau palais de justice, porte de Clichy, ou encore l’installation récente du siège du Conseil régional à Saint-Ouen et le développement de multiples projets dans la région.

Pourtant, estime Ile-de-France Mobilités, la ligne 13 va mieux ! Grâce, notamment, à une régularité passée de 90% en 2010 à 97% aujourd’hui. Diverses mesures ont déjà été mises en place : l’installation de de porte-palières sur les quais, un retournement automatique des trains au terminus Chatillon, qui permet de gagner dix secondes par train ; ou encore l’augmentation de la fréquence des trains aux heures de pointes, toutes les 95 secondes. Enfin, le prolongement de la ligne 14 au nord, devrait soulager la ligne 13... mais pas avant 2020.


Pourtant, malgré ces constats affichés par la Ile-de-France mobilités, le "ressenti des voyageurs reste souvent négatif", reconnaît-elle. La Région a donc annoncé de nouvelles mesures, pour répondre "rapidement aux attentes". Côté confort, l’accent veut être mis sur la propreté, en déployant plus d’agents en heure creuse ; des strapontins dans les rames vont être enlevés, pour gagner de la place et faciliter les montées et descentes du train ; est aussi annoncée le renfort de la ligne de bus 528 qui dessert le TGI. La RATP veut aussi "proposer une information plus précise", en mettant davantage en avant les itinéraires alternatifs et de substitution (bus, RER C, Ligne L…).

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Pas convaincus

C’est peu dire que ces annonces n’ont pas été jugées suffisantes par les usagers. Loin de là même, d’après les commentaires acerbes sur internet. Beaucoup reprochent aux autorités de ne pas prendre la mesure du problème, en s’attaquant à la racine du mal : la saturation de cette ligne. 

Et certaines mesures annoncées, comme l'installation de l’expérimentation de points de recharge USB pour téléphone portable sur certains quais, sont carrément critiquées pour leur inutilité.

En revanche, les usagers ont d'autres pistes, pour améliorer leurs conditions de transport. Notamment : la clim'.

Certains sont même carrément grinçants...

Mais d'autres acteurs ont fait part de ces critiques, ce jeudi en fin de journée : la Ville de Paris et le Département de Seine-Saint-Denis. Via un communiqué lapidaire, les deux institutions indiquent que "la Région n'a absolument pas pris la mesure des difficultés rencontrées par les voyageurs", en brandissant uniquement des "mesures cosmétiques". "L'urgence est au renouvellement du matériel roulant", estiment-elles, rappelant que celui ci a été relégué à 2026. Ils demandent à ce que la Région revoie sa copie.

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