"C'est une Daech Creusoise" : insultée sur répondeur par un conseiller retraite, elle porte plainte

"C'est une Daech Creusoise" : insultée sur répondeur par un conseiller retraite, elle porte plainte

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RACISME - Une jeune femme cherchant à aider sa mère sur son dossier de retraite a découvert un message vocal truffé d'injures racistes, de la part d'un conseiller du Carsat. Ce dernier pensait avoir raccroché son combiné. Fatiha Martin a déposé plainte mercredi 22 août et dénonce des propos "inacceptables".

"Elle pue, sa fille c’est une Daech creusoise." Tel est, entre autres injures, le contenu du message vocal que Fatiha Martin a découvert avec stupeur, mercredi 22 août, sur son téléphone portable. L’auteur de ces propos ? Un conseiller de la caisse d’assurance retraite et de la santé au travail (Carsat) de Guéret, dans la Creuse, qui pensait (visiblement à tort), avoir raccroché le combiné.


LCI a contacté Fatiha Martin ce vendredi. Elle nous en dit plus sur ce message d’une durée de quatre minutes – que nous avons pu écouter. "Je voulais avoir un suivi du dossier retraite de ma mère", raconte-t-elle. "On m’a dit qu’un technicien allait me rappeler dans la matinée, ce qu’il a fait vers 11h30. J’ai raté son appel, il a donc laissé un message vocal." Après quelques explications d’usage sur le contentieux rencontré par la mère de Fatiha - prononcées d’un ton cassant - on peut alors entendre le conseiller reposer le combiné et échanger avec sa collègue. "J’en peux plus" dit-il, "je fais pas du social (…) En plus elle pue, sa fille c’est une Daech creusoise."

Je suis passée d'un dossier de retraite à enfant de DaechFatiha Martin auprès de LCI

"Il ajoute que ma mère est une cassos’ (un "cas social", ndlr) et que je suis voilée de la tête aux pieds" précise Fatiha, toujours sous le choc de tels propos. "Derrière lui, on n’entend personne le reprendre, lui faire remarquer que c’est grave ce qu’il est en train de dire. Ils ont dû bien rigoler dans le bureau. Ma mère était à mes côtés quand on a découvert le message, elle était scandalisée. Guéret, c’est tout petit, tout le monde se connaît, elle n’ose plus sortir. Ce sont des insultes gratuites envers elle et je suis sûre qu'elle n'est pas la seule dans ce cas. Et moi, à la base, j’étais juste là pour aider ma mère. Je suis passée d’un dossier retraite à enfant de Daesh, rendez-vous compte."


Parce qu’elle juge ces propos, tenus par un agent travaillant pour le service public, "inacceptables", Fatiha s’est rapidement rendue au commissariat de Guéret. L’après-midi même, elle a déposé une plainte – que nous nous sommes procurée – pour "diffamation non publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion". Elle attend que son interlocuteur soit "sanctionné par la justice d’une part, son employeur d’autre part", nous dit-elle.


Son employeur, justement, a publié un communiqué après que l’affaire de Fatiha a été relatée dans la presse locale. Le directeur de la Carsat Centre Ouest y fait part de "sa totale désapprobation quant à ces propos inadmissibles et qui ne correspondent pas aux valeurs de service public que notre organisme défend et transmet à ses collaborateurs". Il s’engage par ailleurs à "ce que la lumière soit faite en interne sur ces faits (…) et à prendre les mesures nécessaires pour prévenir tout nouvel agissement de ce type". Contacté par LCI pour davantage de réactions, le centre Carsat Centre Ouest n'a pas encore donné suite. 

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