Cadences infernales, gestes chronométrés... La situation dans les maisons de retraite médicalisées va-t-elle bientôt changer ?

Cadences infernales, gestes chronométrés... La situation dans les maisons de retraite médicalisées va-t-elle bientôt changer ?
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RAPPORT - Une "mission-flash" a été confiée sur les Ehpad à la députée LREM de la Haute-Garonne, Monique Iborra. Quel pourrait être son impact, alors que les budgets consacrés à ces établissements en souffrance devraient encore diminuer ?

Bientôt une réflexion globale sur les conditions de travail et d'accueil dans les maisons de retraite ? C'est ce que laisse espérer la désignation, mercredi 2 août, de la députée LREM de Haute-Garonne Monique Iborra à la tête d'une "mission flash". Son but ? Présenter un état des lieux de la situation dans les Ehpad (établissements d'hébergement pour les personnes âgées dépendantes) à la Commission des Affaires sociales d'ici le 13 septembre prochain.


"On part de très loin sur la question des Ehpad, constate-t-elle auprès de LCI. Des rapports ont déjà été rendus, mais ils se concentraient sur le quantitatif. Cette fois, je veux analyser la situation des personnes et la prise en charge des soins sur le plan qualitatif."

La plus longue grève de France

Une mission qui intervient dans un contexte pour le moins tendu. A Foucherans dans le Jura, les salarié(e)s des Opalines, un Ehpad privé, ont mis fin le 27 juillet à une grève longue de 107 jours. Ils réclamaient une amélioration de leurs conditions de travail par la création de deux postes supplémentaires et le versement d'une prime exceptionnelle. Des revendications qui ont finalement été satisfaites au prix d'une des plus longues grèves de France. 


Sous-effectifs, cadences de travail infernales, gestes chronométrés à l'extrême... La situation des Opalines n'était en fait qu'une illustration, parmi tant d'autres, des conditions dans lesquelles les aides-soignants exercent aujourd'hui leur métier en maisons de retraite médicalisées. Un rythme impossible à tenir qui aboutit parfois à des cas de maltraitance des personnes âgées en perte d'autonomie placées en établissements. C'est en tout cas ce que nous décrivait, dans le cadre d'une précédente enquête de LCI, une jeune aide médico-psychologique travaillant dans un Ehpad de Charente-Maritime : "Pour ne pas perdre de temps, j'en fais manger deux à la fois", nous disait-elle alors. 

En vidéo

Dans le Jura, des aides-soignantes d’un Ehpad en grève depuis plus de 100 jours

Une hausse du budget ? Pour l'instant, impossible de savoir

Force est de constater qu'une mission d'observation parlementaire n'a donc rien d'un luxe en la matière. Pour autant, pourra-t-elle avoir un réel impact dans une ambiance générale de coupes budgétaires ? En juin dernier, la Fédération hospitalière de France dénonçait l'impact négatif de la réforme de la tarification des maisons de retraite, décidée sous l'ancien gouvernement, qui devrait laisser un trou de 200 millions d'euros dans les caisses des Ehpad publics. Un chiffre bien connu de Monique Iborra qui rappelle que la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, lancera dès le mois de septembre un comité de suivi de cette réforme. "Cet aspect budgétaire sera bien entendu évoqué, précise encore la députée, mais cette seule question des problèmes financiers n'est pas suffisante. Il faut aussi regarder ce qui peut être amélioré dans l'organisation." 


Quant au fait de savoir si de nouveaux moyens vont être alloués sous le prochain quinquennat pour améliorer la prise en charge des personnes âgées dans les maisons médicalisées, impossible de le savoir pour l'heure. "Je ne sais pas s'il y aura une hausse des financements, nous explique Monique Iborra. Mais le projet de loi sur le financement de la sécurité sociale arrive en octobre et il faudra étudier cette question en lien avec le gouvernement." Affaire à suivre, donc. 

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