Calais : la justice ordonne des mesures d'urgence pour les migrants, la maire refuse

Calais : la justice ordonne des mesures d'urgence pour les migrants, la maire refuse
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Le démantèlement de la "Jungle" de Calais

JUSTICE - Le tribunal administratif de Lille a donné en partie raison aux onze associations qui avaient saisi par référé la justice pour demander l'arrêt des "entraves" à la distribution de nourriture aux quelque 400 à 600 réfugiés qui errent à Calais. Mais Natacha Bouchart, maire de Calais, refuse de s'y plier.

Pour le tribunal administratif de Lille, "l'urgence", à Calais, "est caractérisée". Le juge des référés a estimé, lundi 26 juin, que plusieurs mesures devaient être mises en place dans un délai de dix jours afin de "faire cesser les atteintes graves et manifestement illégales aux libertés fondamentales des personnes exilées vivant actuellement sur la commune". 

La justice demande donc au préfet du Pas-de-Calais de permettre l'organisation de maraudes quotidiennes à destination des mineurs non accompagnés. Et, dans une action concertée, demande à la fois au préfet et à la mairie de Calais de "créer, dans des lieux facilement accessibles aux migrants [...] plusieurs points d'eau leur permettant de boire, de se laver et de laver leurs vêtements". Par ailleurs, le tribunal demande également que soient organisés des départs vers les centres d'accueil et d'orientation (CAO) ouverts ailleurs en France. 

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Appel de la maire de Calais

Pour Loan Torondel, coordinateur-terrain de l'Auberge des migrants, une des onze associations à l'origine du recours, le sentiment est ambivalent. "La justice a répondu aux demandes d'eau et de nourriture, mais je suis inquiet car il n'y a pas de solution pour que les réfugiés puissent dormir". Le tribunal administratif, en effet, a refusé la création d'un centre d'accueil d'urgence à Calais. "On s'attendait à mieux," poursuit-il auprès de LCI, ajoutant : "C'est quand-même triste de devoir finir au tribunal, dans une procédure de référé-liberté, pour demander un accès à l'eau et aux douches. On verra si les autorités respecteront la décision : hier encore, les CRS ont interrompu la distribution de nourriture."

La maire de Calais, Natacha Bouchart (LR), n'est pas de cet avis. Par voie de communiqué, ce lundi soir, elle estime que les "exigences" du tribunal administratif sont "inacceptables". Elle souhaite faire appel et dit redouter "la création de nouveaux points de fixation". Dans un tweet, elle a ensuite fait connaître sa position sur cette injonction de justice : "Considérant que la réponse humanitaire peut être apportée en dehors de Calais, nous avons décidé de ne pas appliquer les mesures locales du tribunal administratif."

Dans sa décision, le juge des référés a d'ores et déjà précisé que dans le cas où "les mesures ainsi prescrites" devront connaître un début de réalisation dans un délai de dix jours, "sous astreinte de 100 euros par jour de retard".

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