Calais : l’Etat affrète un jet privé pour déplacer les migrants

Calais : l’Etat affrète un jet privé pour déplacer les migrants

SCANDALE - "StreetPress" dévoile ce lundi que l'Etat loue un jet privé, pour répartir les réfugiés de la jungle de Calais dans les différents centres de rétention de l'Hexagone, à Rennes, Nîmes ou encore Metz. L’opération coûterait 1,5 million d’euros par an.

Une opération qui fâche les syndicats de police. Selon une information révélée lundi par StreetPress, l'Etat loue un jet privé à la compagnie Twin Jet pour répartir les réfugiés de la jungle de Calais dans les différents centres de rétention de l'hexagone, à Rennes, Nîmes ou encore Metz. Selon le site, deux à trois fois par semaine, un avion affrété par l'État atterrit sur le tarmac de l'aérodrome de Calais. À l'intérieur, deux pilotes, et une dizaine d'agents de la Police aux frontières (Paf), venus chercher quelques migrants interpellés par les forces de l'ordre, et que l'on souhaite déplacer ailleurs en France.

Coût annuel de la location du jet ? 1,5 million d'euros, auxquels il faut ajouter le prix du kérosène et le salaire des fonctionnaires de la Paf, soit une facture qui augmenterait de 23.000 euros par jour d'utilisation. Problème : l'appareil, un Beech 1900 banalisé, contient 19 places au total. Et comme il faut deux policiers pour escorter chaque migrant, seuls cinq sans-papiers peuvent ainsi être envoyés de l’autre côté de la France. Selon les journalistes, une centaine de migrants ont été ainsi déplacés en six mois, placés en rétention, puis systématiquement relâchés.

Les migrants reviennent à Calais

Contacté par StreetPress , un fonctionnaire du ministère de l’Intérieur explique le mode opératoire : "Des policiers emmènent les migrants sur le tarmac. Puis les officiers de la PAF du Bourget prennent le relais jusqu’à destination. Et là d’autres flics s’occupent du transfert jusqu’au centre de rétention". L’enquête réalisée dévoile qu’il est arrivé qu’une même personne soit transférée plusieurs fois avec cet avion. C’est le cas de Karim, qui a été "transféré deux fois". Systématiquement relâchés, les migrants reviennent à Calais par leurs propres moyens pour tenter la traversée vers l’Angleterre.

Ces transferts sont très critiqués par les syndicats de police. "Ces mesures ont un coût énorme. Et en plus, la plupart des personnes qu’on éloigne reviennent", explique Frédéric Hochart, porte-parole du syndicat UNSA pour la PAF de Calais, cité par StreetPress. Qui n'a pas eu de réaction de la part du ministère de l'Intérieur.
 

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