SANTE PUBLIQUE – Le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement a appelé ce lundi soir à l'ouverture d'un débat sur la lutte contre le cannabis, estimant que "la situation actuelle ne marche pas". Une proposition aussitôt balayée par deux de ses collègues.

La gauche va-t-elle mettre fin à la guerre contre le cannabis ? Ce lundi soir, Jean-Marie Le Guen, le secrétaire d’Etat aux Relations avec le Parlement, a appelé à l’ouverture d’un débat "sur la fin de la prohibition". "La situation actuelle ne marche pas" et "on doit bouger", a-t-il déclaré sur BFMTV, après en avoir parlé devant le conseil national du PS durant le week-end. "Le cannabis est une très mauvaise chose pour la santé publique, en particulier chez les jeunes. Mais la prohibition n'amène pas une diminution de la consommation", explique-t-il.

En revanche, estime ce médecin de formation, la lutte contre le cannabis a fait des ravages dans certains quartiers : "Dans beaucoup (de ceux-ci), une contre-culture s'est installée. La loi est bafouée, malgré les forces de police, malgré l'intention de la justice, depuis des décennies". Pour Jean-Marie Le Guen, il faut désormais que "le Parti socialiste dise enfin la vérité, propose une vérité : l'interdit moral ne crée rien du tout, il crée beaucoup de dégâts dans la société française".

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La taxation, "pas l'objet principal"

Le secrétaire d'Etat envisageait plusieurs pistes, parmi lesquelles "des levées d'interdiction très sélectives". La levée de la prohibition vaudrait donc "pour les adultes, certainement pas pour les jeunes de moins de 21 ans", et elle serait limitée à un usage privé, "certainement pas un usage public".

Jean-Marie Le Guen a toutefois refusé d'évoquer la question de la taxation du cannabis, qui n'est, selon lui, "pas l'objet principal". Mais le cas du Colorado, Etat américain qui en a légalisé la consommation à des fins récréatives début 2014 avant d'en tirer des dizaines de millions de dollars de profit, pourrait faire réfléchir. Mais ni Najat Vallaud-Belkacem ou Stéphane Le Foll, interrogés sur le sujet ce mardi matin, n'ont suivi leur collègue. Pour l'un comme pour l'autre, la question n'a pas lieu d'être posée en l'état actuel des choses.

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