Une consultation citoyenne lancée sur le cannabis "récréatif"

Une consultation citoyenne lancée sur le cannabis "récréatif"

STUPÉFIANT - Pour mieux comprendre la position des Français sur le sujet, une consultation citoyenne a été lancée ce mercredi sur le cannabis dit "récréatif". Il est possible d'y répondre anonymement pendant un mois. Les réponses nourriront un rapport sur le cannabis attendu au printemps.

Le gouvernement souhaite lever le tabou et ouvrir le débat. La mission d'information parlementaire sur la réglementation et l'impact des différents usages du cannabis a lancé ce mercredi une consultation citoyenne en ligne relative au cannabis dit "récréatif". Sa consommation, sa possession et sa vente sont pour l'heure proscrites en France.

Les réponses à cette consultation, anonymes, viendront nourrir un rapport qui doit être rendu aux alentours de "fin mars-début avril", a indiqué à l'AFP son président, le député de l'Essonne Robin Reda (LR). Il permettra de dresser le bilan des politiques publiques menées en matière de prévention et de répression des trafics et usages du cannabis, de proposer un panorama des expériences étrangères de légalisation ou de dépénalisation, et de contribuer à une réflexion sur l’éventuelle évolution du cadre réglementaire français relatif à cette substance.

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La consultation prend la forme d'un questionnaire sur six points mis en ligne sur le site de l'Assemblée nationale, portant sur le profil des répondants (le questionnaire est anonyme), leur avis sur le dispositif actuel de répression de la consommation et de vente de cannabis, ou encore sur une éventuelle dépénalisation.

"Cette réflexion ne peut être envisagée sans une écoute attentive des attentes des citoyens", indique dans un communiqué la mission parlementaire. "On veut médiatiser cette question. Le but est de nourrir le plus possible le débat. Le succès de l'enquête dépendra de la participation du plus grand nombre", explique Robin Reda, espérant que la consultation soit "à l'abri des groupes de pression" en faveur ou contre la dépénalisation ou la légalisation du cannabis.

Le cannabis "bien-être" également à la loupe des députés

D'ici la mi-février, la mission parlementaire doit également rendre ses conclusions sur le cannabis dit "bien-être" (cannabidiol, ou CBD). Son interdiction en France a été jugée illégale le 19 novembre par la Cour de justice de l'Union européenne, ce qui prive de base légale de nombreux procès dans le pays et ouvre de nouvelles perspectives à l'industrie européenne et française du chanvre.

Les députés s'était auparavant penchés sur le cannabis thérapeutique, dont l'expérimentation (à l'exception de celui à fumer) a été autorisée en 2019 par l'Assemblée nationale pour au moins 3000 patients souffrant de maladies graves. Elle doit commencer au plus tard le 31 mars, après avoir été repoussée en raison de la crise sanitaire.

250 amendes par jour

Selon le baromètre santé 2017 de Santé Publique France, environ 200.000 Français cultiveraient à titre privé du cannabis. Et selon Samuel Simon-Vuelta, patron de l'office anti-stupéfiant interviewé par TF1, le confinement a confirmé que la production locale de plants de cannabis dans des bâtiments "est une activité en essor".

Mi-octobre, et 5 semaines après la généralisation de l'amende forfaitaire délictuelle pour usage de stupéfiants, qui concerne tout particulièrement les consommateurs de cannabis, Gérald Darmanin avait fait savoir que près de 250 amendes par jour avaient été dressées.

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