Carnaval de Dunkerque : malgré la polémique, la "Nuit des noirs" aura bien lieu ce samedi

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BLACKFACE - Accusée de perpétuer le "blackface", la "Nuit des noirs" se tiendra bien ce samedi à Dunkerque. Plusieurs associations antiracistes ont été déboutées de leur demande d'annulation de l'événement.

"Acte raciste" ou "droit à la caricature" ? Ce samedi doit se dérouler le bal costumé de la "Nuit des Noirs" qui avait suscité une vive polémique en décembre dernier, accusé de perpétuer le "blackface". Le conseil représentatif des associations noires (CRAN) et l’Alliance noire citoyenne (ANC) avaient à l'époque saisi le tribunal administratif pour faire interdire cette soirée. Ce vendredi, elles ont été déboutées de leur demande et la soirée aura donc bien lieu.

Dans les rues de Dunkerque, il est courant que certains "carnavaleux" se griment en "noirs" avec pagnes de rafia et coiffes à plumes, dans la lignée de la tradition américaine du "blackface", bannie aux Etats-Unis depuis le mouvement des droits civiques dans les années 1960. Surtout, le 10 mars est programmé dans une grande salle de la cité corsaire la 50e édition de la "Nuit des Noirs".

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Selon Louis-Georges Tin, président du Conseil représentatif des associations noires de France (Cran), le "blackface" "n'est pas seulement un acte raciste, il a partie liée avec le crime contre l'humanité. Il est l'envers grimaçant de l'esclavage, qu'il a rendu tolérable, voire tout à fait divertissant, aux yeux des peuples d'Occident".

Dans une tribune au journal Le Monde, Louis-Georges Tin a rappelé que Dunkerque avait "participé au trafic négrier", un pan de l'histoire de la cité corsaire contesté, selon lui, par certains Dunkerquois, ce qui s'apparente à une "posture négationniste favorisée par la faiblesse du travail de mémoire effectué par la ville".

La mairie se défend

Du côté de la mairie, on défend une "tradition séculaire". "Une femme devient homme et un homme porte robe et perruque, un ouvrier joue les banquiers, un athée se fait ecclésiastique, un Blanc se fait Noir, un bon bourgeois se mue en bagnard (…) Dans ce contexte, les quelques procureurs, heureusement sans beaucoup d'écho, qui, de leurs bureaux parisiens, instruisent contre notre ville un procès en racisme, sont dans le meilleur des cas à côté de la plaque et dans le pire, qui n'est pas à exclure, d'une crasse mauvaise foi", a estimé  le maire divers gauche Patrick Vergriete dans un texte également publié dans Le Monde.

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La blackface de Griezmann fait polémique

Fin décembre, une "Brigade anti-négrophobie" avait déjà condamné l'organisation de la "Nuit des Noirs". "On ne souhaite pas qu'ils singent le Noir", avait affirmé à l'AFP Franco Lollia, porte-parole du collectif. En décembre, le footballeur Antoine Griezmann avait fait scandale en publiant sur les réseaux sociaux une photo de lui grimé en basketteur noir des Harlem Globetrotters. Il avait retiré la photo et présenté ses excuses.

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