"Cat person" : une nouvelle du "New Yorker" sur le consentement devient un phénomène littéraire outre-Atlantique

"Cat person" : une nouvelle du "New Yorker" sur le consentement devient un phénomène littéraire outre-Atlantique

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LITTÉRATURE - La nouvelle de Kristen Roupenian a été partagée des millions de fois sur Internet. Sa fiction, qui aborde la question du consentement au travers d'un mauvais rencard, a semble-t-il, résonné dans l'esprit de nombreux internautes, dans le contexte du mouvement #MeToo. Forte de ce succès, la maison d'éditions Scout Press a annoncé mercredi la signature d'un contrat de plus d'un million de dollars avec l'auteure de 36 ans, jusque-là inconnue du public.

Il aura suffi de quelques jours pour propulser "Cat person" à la deuxième place des articles les plus lus cette année du magazine américain The New Yorker. Cette nouvelle, mise en ligne le 4 décembre 2017, a eu un écho incroyable sur Internet. Rien de surprenant, si l'on se penche sur les thèmes qu'elle aborde : consentement, pouvoir et rencontres à l'ère des réseaux sociaux. 


Des questions de société qui semblent avoir fait mouche pour de nombreux lecteurs, quelques semaines après la révélation des affaires de harcèlements sexuels et le mouvement #MeToo. La nouvelle arrive juste derrière l'enquête-choc de Ronan Farrow début octobre, publiée elle aussi dans le "New Yorker", dans lequel plusieurs femmes témoignaient contre Harvey Weinstein, dont trois l'accusaient de les avoir violées.

"Un débat sain sur le consentement"

L'histoire est banale. Margot, une jeune étudiante américaine de 20 ans, flirte avec Robert, un homme de 34 ans. Après de nombreux textos échangés, un jeu de séduction s'installe et ils décident de se rencontrer autour d'un verre. Ils boivent et la soirée semble se dérouler comme un premier rencard des plus habituels : la soirée alterne moments sympathiques, maladroits, et parfois gênants. La fiction creuse la construction d'une relation : l'alchimie, les malentendus, l'incompréhension, mais aussi la genèse et le déroulement d'une première relation sexuelle... qui se passe mal et qui, si elle n'est pas forcée, n'est pas vraiment consentie non plus. La force de ce récit est de montrer qu'en la matière, rien n'est simple et les frontières sont parfois ténues. Le tout, raconté du point de vue de Margot, ce qui est rare dans la fiction. 

Elle a suscité ce qui me semble être, pour l'essentiel, un débat sain sur le consentement, les interactions entre hommes et femmes et sur la nature de la fiction. Deborah Treisman, responsable de la rubrique fiction du "New Yorker"

Le prolongement littéraire du mouvement #MeToo

Face à la popularité soudaine de la nouvelle, Deborah Treisman, responsable de la rubrique "fiction" du magazine "The New Yorker", détaille ce qui, selon elle, a fait de cette histoire un succès littéraire : "Elle a eu de l'effet sur des millions de lecteurs dans le monde entier, qui y ont trouvé quelque chose qui leur a semblé vrai ou qui leur a fait penser à leurs propres expériences". Elle poursuit : "Elle a suscité ce qui me semble être, pour l'essentiel, un débat sain sur le consentement, les interactions entre hommes et femmes et sur la nature de la fiction." 

Un contrat d'édition à plus d'un million de dollars

Dans la forme, le succès de "La personne qui aime les chats" est une surprise, tant il est rare pour ces courtes fictions d'avoir un tel impact populaire. Face au succès inattendu de cette auteure inconnue du grand public, les maisons d'éditions ont été nombreuses a avoir courtisé l'enseignante de 36 ans. Pour son premier roman, elle a signé chez Scout Press un contrat à hauteur d'un million de dollars pour deux ouvrages, une somme inhabituellement élevée. Sa première parution en librairie est prévue au printemps 2019. 

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