Centenaire de l'armistice - Après la guerre (1/4) : les Français découvrent le sport pour tous

Société
NOUVELLE PRATIQUE - Pendant ce conflit interminable, les soldats se sont adonnés à l'exercice, parfois pour occuper leur temps. Le sport s'est répandu en France et s'est démocratisé. Un phénomène qui s'est même amplifié après la guerre.

"Le matin, bombardements assez violents vers les Eparges. Match de football. Le 303e gagne 3 buts à 2". Voici ce qu'écrivait un soldat sur son journal de bord au soir du 11 mai 1915. Lutte, saut en longueur, barre fixe, escrime... voici quelques-uns des sports que pratiquent les Poilus entre deux combats. Et ils en découvrent même de nouveaux. Les soldats britanniques ne tardent pas à expliquer les règles d'une nouvelle discipline à leurs collègues : le football. 


"Ça leur permettait de ne pas oublier l'instant présent et de ne pas penser à ce qui se passerait lorsqu'ils remonteraient. Ça les détend, ça évite de penser que dans 4 ou 5 jours, ils devront remonter en ligne, revoir les bombardements, les mitrailleuses, et donc la mort", explique Pierre Birot, le directeur de l'office du tourisme du Pays de Commercy où de nombreux combats ont eu lieu. 

Occuper l'esprit et remonter le moral des troupes car avec les pertes enregistrées sur les champs de bataille, celui-ci est au plus bas. Et ce sont les médecins militaires de Commercy qui sonnent l'alarme et attirent l'attention de l'état-major sur le fait qu'à ce rythme-là, ça ne tiendra pas très longtemps.  Ils proposent donc quelque chose qui tient de la kermesse au départ, d'animations sur ce champ de foire destinées à leur changer les idées". 

Roland Garros, Jean Bouin, Georges Carpentier... soldats et athlète de haut niveau

Car, en 1914, les paysans ne manquent pas de force, mais n'ont pas l'habitude de faire du sport. Une pratique réservée aux gens de la ville. "On découvre le basket, le base-ball, le volley... Ça va énormément marcher. Les Français vont découvrir l'esprit du sport. Avant, on fait du jeu et on s'amuse. Là, c'est vraiment l'esprit du sport, d'un sport porteur de valeurs", explique  Michel Merckel, auteur de " 14-18, Le sport sort des tranchées". (Ed. Le Pas d'oiseau). 

Les femmes s'y mettent aussi, notamment avec la natation. 

Dans un autre registre, des athlètes français de haut niveau participent à la guerre. C'est le cas de Jean Bouin, spécialiste de la course de fond, mort pour la France le 29 septembre 1914 à Xivray dans la Meuse et qui a donné son nom à un stade de rugby. Même sort pour l'aviateurRoland Garros, lieutenant pilote lors de la Première Guerre mondiale, mort dans un combat aérien le 5 octobre 1918 à Vouziers dans les Ardennes et qui a donné son nom au plus grand tournoi de tennis français. Le boxeur Georges Carpentier reviendra lui sain et sauf de la guerre. 

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Centenaire de l'armistice de la Première guerre mondiale

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