CGT, FO, FSU, Rousset... : pourquoi ils ont claqué la porte de la conférence sociale

CGT, FO, FSU, Rousset... : pourquoi ils ont claqué la porte de la conférence sociale

SOCIAL – Solidaires, la CGT, FO, FSU, le président de l'Association des régions de France (ARF), Alain Rousset... la liste des responsables d'organisations représentatives qui ont claqué la porte de la conférence sociale s'allonge. Metronews fait le tour des déclarations des contestataires sur leur départ précipité.

La conférence sociale s'est progressivement vidée... Après les Syndicats Solidaires, la CGT, FO et la FSU, c'est l'Association des régions de France (ARF) qui a marqué mardi son désaccord avec le gouvernement lors de la troisième édition de la Conférence sociale, par le biais de son président Alain Rousset. Ce dernier a en effet quitté la table ronde à laquelle il participait. Du désaccord profond à la volonté de "marquer le coup", en passant par les excès d'humeur, les contestataires ont chacun leur raison d'exprimer leur mécontentement. Tour d'horizon des déclarations des partants.

Solidaires
Premier syndicat à avoir refusé de participer à la grand-messe du gouvernement, Solidaires, qui regroupe 45 fédérations ou syndicats nationaux, dénonce le "choix libéral" du gouvernement, après les gages offerts au patronat  comme le report partiel du compte individuel de pénibilité, le gel des seuils sociaux ou l'"agrément de l'accord Unedic au détriment des intermittent-es, précaires et chômeur-euses". Solidaires "refuse de faire croire au 'dialogue social' avec le gouvernement par sa présence à la conférence" qui n'est que "la mise en musique de la partition du patronat" et une "opération de propagande", expliquait le syndicat avant le lancement de la Conférence.

CGT
Elle avait menacé dès l'ouverture de la conférence, avec FO, de ne pas participer aux tables rondes établies par le gouvernement pour tracer la route des réformes à venir. Face à un Premier ministre décidé à maintenir sa ligne de relance de "l'offre", quitte à lever les tabous des acquis sociaux jugés pénalisant par les entreprises, la centrale a mis sa menace à exécution. "Le gouvernement est très attentif à ce que peut lui dire le Medef" et l'organisation patronale a "obtenu ce qu'elle a voulu avant même l'ouverture de la conférence sociale", expliquait lundi le leader de la centrale, Thierry Lepaon. "Nous ne sommes pas entendus, pas écoutés et au-delà de ça les revendications des salariés ne sont pas entendues par ce gouvernement", avait-il déploré.

FO
Même son de cloche du côté de Force ouvrière, qui a qualifié de "mépris" envers les organisations représentatives de salariés les annonces faites par Manuel Valls dès la semaine dernière dans les Echos . C'est donc pour "marquer le coup" que le patron de FO, Jean-Claude Mailly, a annoncé qu'il ne participerait pas aux débats du jour, tout en précisant que le dialogue social était "interrompu" mais "pas rompu". "On a voulu dire 'attention', vous prenez un drôle de chemin, un chemin qui est dangereux pour l'économie, un chemin qui est dangereux pour le social, un chemin qui est dangereux pour la démocratie, ça s'appelle l'austérité", a expliqué le leader syndical.

FSU
Pour la Fédération Syndicale Unitaire, première organisation de la Fonction publique, les dés sont pipés d'avance. "Nous avons eu le sentiment, hier, que nous avions déjà la feuille de route de clôture (...) alors qu'il y a des désaccords", notamment sur le pacte de responsabilité et les services publics. A l'instar des autres organisations contestataires, FSU s'interroge sur la conception que se fait le nouveau gouvernement du dialogue social. "Nous attendons que le gouvernement clarifie la manière dont il le conçoit. Aujourd'hui nous ne pouvons pas être sur un dialogue social unilatéral", a martelé la secrétaire générale de l'organisation, Bernadette Groison.

ARF
Plus étonnant est le départ mardi du président de l'Association des régions de France (ARF) Alain Rousset, censé participer à la table ronde sur la croissance et l'investissement, présidée par le ministre de l'Economie Arnaud Montebourg. Dans ce cas, cependant il pourrait s'agir d'une "petite fâcherie", a révélé l'entourage du socialiste. "Il était initialement prévu qu'il puisse prendre la parole et on ne la lui a pas donnée. Cette décision ne concerne que cette table ronde", ont indiqué des proches d'Alain Rousset, président socialiste de la région Aquitaine.

Et maintenant ?
A l'issue des tables rondes, au nombre de sept, le Premier ministre Manuel Valls doit exposer une feuille de route pour l'année à venir dont les grandes lignes ont été exposées lundi par le chef de l'Etat dans son discours inaugural. Priorité du quinquennat, la lutte contre le chômage doit notamment passer par une réforme de l'apprentissage, avec entre autres l’augmentation du nombre de lycéens en apprentissage de 40.000 actuellement à "peut-être 60.000, 70.000 d'ici 2017". Une réunion Etat-partenaires sociaux doit à ce titre se tenir en septembre . Le chef de l'Etat a aussi annoncé de prochaines négociations sur le chômage de longue durée, ainsi que sur la modernisation du dialogue social. Autant de rendez-vous auxquels les syndicats, à commencer par la CGT et FO, ont d'ores et déjà annoncé qu'ils seraient présents.
 

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