Chambéry : l'étau se resserre autour du laboratoire Marette

Chambéry : l'étau se resserre autour du laboratoire Marette

DirectLCI
JUSTICE - Une information judiciaire a été ouverte pour mise en danger délibérée de la vie d'autrui, dans l'affaire des trois nourrissons morts à Chambéry au mois de décembre. Trois poches alimentaires sous scellés du laboratoire Marette (Calvados) étaient contaminées par un germe rare et difficile à identifier.

La responsabilité de l'hôpital de Chambéry, dans lequel trois nourrissons sont morts en décembre , semble peu à peu écartée. Contrairement aux premières déclarations de la ministre de la Santé qui  avait refusé de donner le nom du laboratoire "qui peut-être n'est pas à l'origine des défauts qui ont amené à la composition de poches problématiques", les premières analyses prouveraient le contraire.

"Trois des six poches de nutrition, dont les analyses ont révélé la contamination par une bactérie, étaient sous scellés jusqu'à leur examen, a indiqué mardi le procureur de la République à Marseille, Brice Robin. Les poches étaient contaminées par "un seul et même germe d'origine environnementale", inconnu à ce jour, a précisé la ministre de la Santé.

"Si nous avons à dire quelque chose, nous vous le ferons savoir"

Des poches produites justement par le laboratoire Marette, qui avait reconnu avoir bien fourni les poches alimentaires responsables de la mort de trois nourrissons à l'hôpital de Chambéry. "Le laboratoire Marette qui a procédé à la fabrication doit respecter un certain nombre de bonnes pratiques, il nous faudra donc vérifier dans un premier temps que l'ensemble de ces prescriptions ont bien été respectées", a expliqué Brice Robin, rappelant que le dernier contrôle effectué par l'agence du médicament, l'ANSM, en juillet 2013, "n'avait soulevé aucune difficulté".

Une information judiciaire contre X pour homicides et blessures involontaires et fabrication de médicament sans respecter les bonnes pratiques a ainsi été ouverte. La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a immédiatement exigé que le laboratoire Marette suspende sa production et a également demandé de mettre en quarantaine l'ensemble de son stock de poches alimentaires. Par ailleurs, 137 poches alimentaires de sept établissements hospitaliers seront également retirées.

Contacté par metronews, Monsieur Marette, le patron du laboratoire, n'a pas souhaité s'exprimer. "Si nous avons à dire quelque chose, nous vous le ferons savoir", a précisé un salarié de l'entreprise avant que l'avocat du laboratoire indique envisager des "recours" en justice contre cette suspension. Le laboratoire "se réserve toute faculté d'engager un recours devant les juridictions administratives", a-t-il ajouté précisant que la décision interviendrait d'ici quelques jours.

Plus d'articles

Sur le même sujet