"Chang est assis, il mange du riz" : une comptine jugée raciste distribuée à des maternelles

"Chang est assis, il mange du riz" : une comptine jugée raciste distribuée à des maternelles

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RACISME - Diffusée le mardi 26 décembre, une comptine distribuée dans deux classes de maternelles à Aubervilliers a été accusée de véhiculer des stéréotypes discriminants sur les Chinois et les Asiatiques.

"Chang est assis, Il mange du riz, Ses yeux sont petits, Riquiquis

Chang me sourit, Quand il me dit : 'Veux-tu goûter à mes litchis?'

T'es dans ton bateau qui tangue, T'as mal dans tes tongs, Tu vois des orangs-outangs, Ta tête fait ping-pong, Ping!"


Cette comptine, distribuée dans deux classes de maternelle d'une école d'Aubervilliers, est accusée d'être discriminante et de véhiculer des stéréotypes sur les Chinois et les Asiatiques. Mardi 26 décembre, après que Sacha Lin-Jung, le président de l'association des Chinois résidents en France, l'a "récupéré d'un parent d'élève d'une école maternelle à Aubervilliers", le texte a été publié sur Twitter par une journaliste de Franceinfo. 

Sacha Lin-Jung, évoquant les réactions "horrifiées" de parents asiatiques, comptait "pointer les clichés et stigmatisations racistes et faire comprendre gentiment en quoi c'est déplacé". Le président de SOS Racisme, Dominique Sopo a également réagi sur son compte Facebook, et estime que la comptine est "remplie de clichés, avec tout ce que cela suppose de grossier, elle réduit les Chinois (et donc, dans l'esprit de beaucoup, les personnes d'origine asiatique) à quelques traits sommaires, avec une petite référence physique bien dégueulasse".


"Nous sommes en France en 2017. Un pays où il y a beaucoup de personnes d'origine asiatique. Comment dès lors accepter que des personnes soient réduites à quelques clichés et renvoyées à une anormalité physique qui rime toujours avec illégitimité citoyenne ?", poursuit Dominique Sopo.

Les responsables s'excusent

"Dans le cadre de l'éveil musical, le professeur avait la liberté de choisir des morceaux musicaux qui lui semblaient pertinents. Nous n'avons donc jamais validé cette comptine", ont répondu au Figaro les Ateliers du Préau, qui se présentent comme une "structure qui intervient auprès des écoles dans le cadre d'activités périscolaires ou de projets de classe" et qui encadrait l'intervenante qui a utilisé la comptine.


"Comme tous nos professeurs, elle doit répondre à des consignes très claires: ne jamais propager des propos qui pourraient être de nature politique, religieuse ou discriminante", poursuivent les Ateliers du Préau. "Notre intervenante a apposé notre nom mais elle n'était pas censée le faire. Nous ne sommes pas signataires de ce texte qui a été donné dans deux classes dans une école à Aubervilliers. Il véhicule beaucoup de stéréotypes. C'est une grosse erreur, mais Suzanna Orsolato-Cazadieu (l'intervenante, ndlr) n'a jamais eu aucune volonté de nuire."


"Nous allons nous excuser et faire dès la rentrée un communiqué auprès des parents des élèves de ces deux classes. Enfin, nous nous assurerons auprès de tous nos intervenants que cette comptine ne puisse plus jamais être éditée et partagée", affirment enfin les Ateliers du Préau, qui envisagent "éventuellement" de prendre des "sanctions".

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