"Chemise arrachée" à Air France : El Khomri valide le licenciement d'un délégué CGT

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MANIFESTATION - La ministre du travail Myriam El Khomri a validé le licenciement d'un délégué CGT d'Air France accusé d'avoir participé à l'épisode de la "chemise arrachée". Ce délégué, Vincent Martinez, dénonce une "décision un peu politique".

Xavier Broseta, directeur des ressources humaines de la compagnie aérienne, avait été molesté et sa chemise arrachée. La ministre du travail Myriam El Khomri a validé le licenciement de Vincent Martinez, délégué CGT d'Air France accusé d'avoir participé à l'épisode de la "chemise arrachée", a annoncé lundi son ministère dans un communiqué. 

"A l’issue d’une analyse longue et minutieuse des faits survenus le 5 octobre 2015 en marge du comité central d’entreprise du groupe Air France, et sur la base des éléments portés au dossier, il ressort que la faute reprochée est d'une gravité suffisante pour justifier le licenciement du salarié protégé", précise le communiqué du ministère. "Cette décision est cohérente avec le licenciement des quatre autres salariés impliqués dans le même dossier, qui ne bénéficient d’aucun mandat syndical et dont le cas n’est donc pas soumis à l’autorisation de l’inspection du travail", ajoute-t-il.

"Une décision un peu politique"

Invité au micro d'Europe 1 lundi 8 août, Vincent Martinez a affirmait avoir été "très surpris. On s’attendait peut-être à ce que le ministre confirme la décision de l’inspection du travail, sur le fait qu’il n’y avait aucune faute lourde qui pouvait justifier le licenciement." Il se défend à nouveau d'avoir eu un "rôle de modérateur", vidéo à l'appui qu'il a montré à l'inspection du travail.

Face à cette prise de position du ministère du Travail, le délégué syndical "pense qu’une décision était déjà prise depuis longtemps, une décision un peu politique, on va pas se le cacher". Vincent Martinez ajoute : "Je paye un peu le conflit qui a eu lieu entre mon syndicat et le gouvernement sur la loi Travail. Je pense qu'ils ont eu l'opportunité de casser un délégué CGT."

Philippe Martinez dénonce l'attitude "revancharde" du gouvernement 

"Le salarié concerné conserve bien entendu la possibilité de former un recours de la décision de la Direction générale du travail devant le tribunal administratif", conclut le document du ministère. Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, dénonce l'attitude "revancharde" du gouvernement après le conflit social relatif à la loi travail. La CGT va "étudier tous les recours possibles. On ne laissera pas cette décision en l'état", a-t-il averti. 

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"La ministre du Travail, et je suppose le Premier ministre, ont désavoué la décision de l'Inspection du travail qui avait refusé le licenciement, affirmant qu'il n'y avait aucune preuve matérielle de l'implication directe du délégué CGT dans ce qui s'était passé à Air France", a-t-il ajouté, jugeant "proprement scandaleux que la ministre casse cette décision".

Contraint d'escalader les grilles

L'Inspection du travail, saisie en cas de licenciement d'un salarié protégé, avait refusé en janvier le licenciement pour faute lourde du représentant du personnel (CGT), magasinier à la maintenance. La direction avait alors formé un recours auprès du ministère du Travail. La Direction générale du travail (DGT) avait décidé de "procéder à un complément d'instruction", selon le ministère du travail. 

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Réintégré à son poste après une mise à pied, le délégué CGT est accusé par son employeur d'avoir agressé le DRH d'alors de la compagnie, Xavier Broseta, ainsi que deux vigiles le 5 octobre à l'occasion d'une manifestation organisée au siège d'Air France à Roissy contre des suppressions d'emplois. M. Broseta avait été contraint de fuir la foule en colère en escaladant une grille, avec la chemise arrachée. Le délégué et les quatre autres salariés licenciés doivent répondre de "violences en réunion" les 27 et 28 septembre au tribunal correctionnel de Bobigny.

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