Chevaline : une affaire peut en cacher une autre

Chevaline : une affaire peut en cacher une autre

Société
DirectLCI
ENQUETE – La justice se montre très prudente sur l'éventuelle culpabilité de l'homme interpellé mardi dans l'affaire du quadruple meurtre de Chevaline. Le gardé à vue semble néanmoins tremper dans un trafic d'armes.

Ils recherchaient une moto, un casque GPA, et un pistolet Luger P06 de fabrication suisse. Ils ont finalement trouvé un scooter, deux casques et un Luger P08 de marque allemande. En perquisitionnant mardi le domicile d'Eric D. , interpellé dans le cadre de l'enquête sur la tuerie de Chevaline, les enquêteurs espéraient tomber sur des éléments en lien avec le quadruple meurtre. Mais c'est une tout autre affaire qu'ils ont soulevée...

L'ancien policier municipal placé en garde à vue depuis mardi semble "impliqué dans un trafic d'armes", a expliqué mercredi le procureur d'Annecy Eric Maillaud. Un de "ses amis" a également été arrêté après avoir tenté de prendre la fuite à l'arrivée des gendarmes. Chez les deux hommes, qui vivent respectivement à quelques kilomètres de Chevaline, les gendarmes ont en effet découvert un véritable arsenal de la Seconde Guerre mondiale : armes, munitions, détonateurs, obus... Reste à savoir si ce trafic servait à approvisionner des collectionneurs ou le grand banditisme. Une nouvelle information judiciaire incidente devrait être prochainement ouverte.

L'ADN ne correspond pas

Mais si, sur le papier, Eric D. présente un profil explosif, le magistrat a rappelé que cela n'en faisait pas pour autant un tueur. Certes, ce père de famille au casier judiciaire vierge ressemble fortement au portrait-robot du motard aperçu par des témoins à proximité du lieu des meurtres. Mais il est, selon la justice, "peu envisageable qu'il soit mis en examen" dans le cadre de la tuerie à l'issue de sa garde à vue. "Nous n'avons pour l'heure aucun élément probant permettant de l'incriminer", nous confie ainsi une source proche de l'enquête. Son ADN ne "matche" d'ailleurs pas avec les deux profils inconnus retrouvés sur la scène de crime. Il pourrait être entendu jusqu'à samedi - soit 96 heures de garde à vue -, l'information judiciaire étant ouverte pour "meurtres en bande organisée".

Il reste donc aux enquêteurs peu de temps pour lever les dernières zones d'ombre entourant ce chasseur, radié de la police municipale pour faute l'année dernière, et reconverti depuis dans la sécurité. D'abord, son parcours précis le jour du drame, son portable ayant été géolocalisé le 5 septembre 2012 non loin de là où le cycliste français et la famille britannique d'origine irakienne ont été tués. Son comportement, ensuite, décrit comme parfois "violent", notamment à l'égard de certains touristes. Enfin, sa passion pour les armes anciennes, particulièrement les Luger, le modèle de l'arme du crime. Comme le résume le parquet d'Annecy, qui promet d'autres interpellations à venir, "l'énigme Chevaline est loin d'être élucidée".

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter