Christophe André : "La moitié de notre capacité au bonheur dépend de nous !"

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INTERVIEW : Christophe André, auteur de "Et n'oublie pas d'être heureux", spécialiste des traitements et de la prévention des troubles émotionnels anxieux et dépressifs à l'hôpital Sainte-Anne à Paris, a répondu aux questions de metronews sur le bonheur.

Vous écrivez que le bonheur n'est pas un luxe mais une nécessité, toutefois avec la crise reste t-il une priorité ?
Le bonheur se situe en haut de la hiérarchie des besoins, à condition que les plus fondamentaux, ceux sans lesquels on ne peut pas se poser la question du bonheur soient satisfaits.
Pour autant, le bonheur n'est pas un plus, dont on peut s'occuper, une fois que tout est le reste a été fait, mais une force qui donne l'énergie d'affronter l'adversité et les périodes difficiles de nos existences. La succession de moments heureux ou pénibles font de nous des intermittents du bonheur.

Au fil des pages de votre livre "Et n'oublie pas d'être heureux", on découvre des exercices et des conseils, on pourrait donc apprendre à être heureux ?
Ce livre peut-être considéré comme une méthode d'apprentissage. Selon de nombreuses études, notre capacité au bonheur est due pour moitié aux automatismes liés en partie à notre tempérament et à notre passé (parents, prédisposition) et l'autre moitié dépend très clairement des efforts et des attitudes que l'on met en place au fil des jours. 50% de notre capacité au bonheur dépend de nous! L'idée est de faire de petits efforts pour mieux extraire de nos quotidiens des instants de bonheur, afin d'être bien plus souvent ou plus longtemps. L 'objectif étant de trouver son équilibre émotionnel.

Et trouver son équilibre émotionnel passe par...
le bon ratio : ¾ d'émotions positives et ¼ de négatives. Une foule d'actions tend à l'augmenter ou à le maintenir. La pratique d'une activité physique, marcher, nager, se balader ou pédaler pour le plaisir et dégagée de toute notion de performance augmente les émotions positives. Les pratiquants sont moins anxieux, moins stressés et voient également leur estime d'eux-même boostée. C'est l'effet de la psychologie positive qui repose sur le modèle de la corde : de nombreux petits brins fragiles associés les uns aux autres permettent de soulever de gros poids. Ainsi accumuler régulièrement de petites actions, tels que de savourer l'instant présent, de bouger ou encore de penser à trois bonnes choses avant de s'endormir contribue à augmenter le ratio.

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