Amputé à 20 ans après une fracture, il poursuit l'hôpital en justice

Amputé à 20 ans après une fracture, il poursuit l'hôpital en justice

SOCIÉTÉ
DirectLCI
TRAGIQUE - Après un accident de trampoline le 7 février dernier dans la région de Grenoble, Thomas Veyret, 20 ans, a été amputé d'une jambe après une prise en charge marquée par de multiples négligences. Par le biais de son avocat, le jeune homme a décidé de poursuivre le CHU Grenoble Alpes en justice.

Le 7 février dernier, la vie de Thomas Veyret, alors âgé de 20 ans, bascule. Ce jour-là, le jeune homme se blesse en pratiquant une figure de trampoline, dans un complexe de loisirs où il travaille, à Eybens, dans l'agglomération de Grenoble, en Isère. Aux environs de 22 heures, Christophe, un employé de la salle de trampoline, appelle alors le Samu pour obtenir de l'aide. S'ensuit une conversation au cours de laquelle le médecin présent à l'autre bout du fil demande au jeune homme, dont la jambe est "à l'équerre", de remettre son genou en place.


Dans cet échange, que s'est procuré Le Parisien, le docteur en question adopte un ton des plus agacés : "Ton genou, tu peux pas le remettre dans l'axe ?" demande-t-il à Thomas, qui tente de s'exécuter : "Je vais essayer. Attendez. Là j'y vais doucement." Ce à quoi répond le professionnel de santé de manière surréaliste : "Va doucement, mais j'attends depuis un moment, là...". Après d'énormes efforts, le jeune blessé parvient à replacer son genou mais s'inquiète de l'état de sa jambe et de son manque de sensibilité au niveau des orteils : "Ça bloque. (...) Ah si, attendez, j'ai réussi. Elle est toute tordue par contre. C'est dégueulasse. (...) J'arrive pas à faire grand-chose. Je les bouge à peine (ndlr : les orteils). C'est très douloureux." Au terme de cette conversation, le médecin conclut finalement qu'il faut envoyer les pompiers sur place.

La jambe non-irriguée pendant douze heures

Évacué vers l'hôpital Nord de Grenoble, Thomas Veyret se voit prescrire un angioscanner à 3 heures du matin. L'examen ne sera réalisé qu'à 10 heures. Une attente qui sera fatale pour la jambe du jeune homme, l'angioscanner montrant que l'artère située derrière le genou est "arrêtée net", selon le rapport médical examiné par Le Parisien. Cela signifie que la jambe du jeune homme n'est plus irriguée en sang depuis son accident, soit près de douze heures.


Au moment de l'opération, dans l'après-midi du mercredi 8 février, le chirurgien note ainsi un "risque d'amputation majeure possible dans les prochains jours". Ce n'est finalement qu'une semaine plus tard que la décision est prise. "J'avais de la fièvre, je souffrais le martyre. Je n'avais qu'une envie : ne plus subir ça. (...) Je n'avais pas le choix. J'ai choisi de vivre", explique le jeune homme au Parisien. Il sera finalement amputé le 16 février.

Le CHU Grenoble Alpes poursuivi en justice

Convaincu que plusieurs fautes ont été réalisées pendant sa prise en charge par le personnel médical, à la fois au téléphone que sur place, Thomas Veyret, a décidé de poursuivre le CHU Grenoble Alpes en justice, par le biais de son avocat Me Edouard Bourgin. "On sait que, pour ce type de blessure, la première chose à faire est de vérifier l'artère. (...) Le médecin du CHU qui a prescrit le scanner ne s'est pas assuré de sa réalisation immédiate", souligne ce dernier au Parisien


Ainsi, une demande d'indemnisation provisoire a été faite par l'avocat pour équiper le jeune homme d'une prothèse perfectionnée. Une autre plainte sera déposée cette semaine au parquet de Grenoble. "Elle devra faire toute la lumière sur ce cumul de fautes caractérisées. Nous allons au pénal pour entendre les explications des personnes impliquées, et ne pas être cantonnés à un débat entre experts et assureurs." a ainsi déclaré Me Bourgin.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter