Cigarette dans les lycées : le coup de gueule d'un proviseur

Cigarette dans les lycées : le coup de gueule d'un proviseur

CASSE-TÊTE - Depuis les attentats du 13-Novembre et l’état d’urgence, les proviseurs ont consigne d'éviter tout attroupement d'élèves - fumeurs - devant leur établissement. Beaucoup ont donc réinstallé des zones dédiées, supprimées depuis la loi Evin, dans l’enceinte de leur établissement. Mais des associations anti-tabac s’insurgent. Contacté par Metronews, Pascal Charpentier, proviseur à Lyon, leur répond.

Vous aimez les casse-tête ? En voilà un beau. Vous êtes proviseur. La France est en état d’urgence. Par sécurité, votre ministère de tutelle vous demande d’éviter les attroupements d'élèves fumeurs devant votre lycée. Option A : vous autorisez vos ouailles à fumer dans l'enceinte de l'établissement. Problème, le ministère de la Santé vous rappelle que vous enfreignez la loi Evin, qui interdit toute cigarette dans les lycées. Option B : vous respectez la loi Evin et les élèves restent dehors. Encore raté, votre décision crée un attroupement, risqué en contexte de menace terroriste...

EN SAVOIR + 
>>  Peut-on, oui ou non, fumer à l'intérieur des lycées ?
 

Comment résoudre un tel casse-tête, mis sur la table en début de semaine par des plaintes contre plusieurs établissements qui enfreignent la loi Evin ? Pour tenter de trouver une solution, nous avons sollicité Pascal Charpentier, secrétaire national du SNPDEN-Unsa , principal syndicat des chefs d’établissements, et lui-même en poste dans un lycée lyonnais.

"On vit dans le monde réel, pas dans celui des Bisounours"

"Dès la mise en place de l'état d'urgence (après les attentats du 13 novembre, ndlr), j’ai recréé une zone fumeur au sein de mon établissement", raconte-t-il. Une zone, théoriquement interdite depuis la loi Evin et un décret datant de 2006, qu'il a délimitée avec quelques plots, un trait à la peinture et une pancarte. "A l’intérieur, les élèves sont protégés et je peux envoyer les professionnels de santé, les infirmières, à leur rencontre" pour les sensibiliser aux dangers de la cigarette.

Cette décision, il ne l’a pas prise seul. Il a recueilli l’avis des personnels, du conseil d’administration, auquel sont associés les parents d’élèves. "J’ai écouté tous les arguments. Mais à un moment, il faut prendre une décision. Celle-ci était pour moi de bon sens, responsable dans le contexte actuel. Rétablir la zone fumeur, c’est opter pour le moindre mal." Et, de son propre aveu, nombreux sont les lycées qui ont pris une telle mesure. Du coup, la polémique du moment l'agace profondément. "On vit dans le monde réel, pas dans celui des Bisounours, il faut avoir du bon sens, raille-t-il. Il y a un mois encore, la presse nous disait que Daech visait les professeurs et les écoles !" 

"Il suffit de dire à nos élèves de ne plus fumer et de ne plus sortir"...

Face à des "associations qui nous donnent des leçons", Pascal Charpentier grince encore : "On nous apporte une solution magique : il suffit de dire à nos élèves de ne plus fumer et de ne plus sortir. On est dans un état de droit, un pays libre, on ne gère pas les gens, surtout les jeunes, comme ça." Et, à son tour, de "donner la leçon" : "La Santé fait de la prévention depuis dix ans. On ne les a jamais vus sur nos trottoirs discuter avec les élèves. Je les invite à venir, quand l’état d’urgence sera levé."

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