Cinq épreuves finales, un grand oral et du contrôle continu : voilà à quoi pourrait ressembler le futur bac

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ÉCOLE - Le rapport sur la réforme du baccalauréat rendu ce mercredi au ministre de l'Education nationale propose d'instaurer cinq épreuves finales, dont un grand oral. Autre nouveauté, le nouvel examen pourrait prendre en compte les notes des élèves tout au long de leur scolarité via le contrôle continu.

La réforme du baccalauréat promise par Emmanuel Macron se précise. Ce mercredi, un rapport rédigé par l'ancien directeur de Sciences Po Lille Pierre Mathiot a été remis au ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer. Ce dernier va maintenant ouvrir des consultations pour concocter son projet de réforme, avec l'objectif de le présenter en Conseil des ministres, le 14 février prochain. Si elle est menée à terme, la réforme de cet examen concernera les élèves qui sont aujourd'hui en classe de troisième, avec une mise en œuvre progressive en seconde dès la rentrée prochaine, puis en première et terminale en 2019 et 2020.


Mandaté par le ministre, Pierre Mathiot a mené une centaine d'auditions avec des acteurs du secteur avant d'écrire un rapport de 63 pages qui vise à transformer un examen devenu, selon lui, "un monstre organisationnel" ne préparant pas assez à l'enseignement supérieur. Voici les principales propositions formulées dans son rapport :

5 épreuves terminales et anticipées

Les épreuves terminales et anticipées représenteront pour 60% de la note finale du baccalauréat. Pour les auteurs du rapport, le fait que la majorité de la note soit issue de ces épreuves est primordial pour assurer le caractère national de l’examen et en garantir l’équité. Elles seront découpées comme ceci :


Une épreuve anticipée de français, 1 oral + 1 écrit, passée en fin de première (10% des la note)

Deux épreuves d'approfondissement disciplinaire, qui correspondent aux deux disciplines d’approfondissement choisies par l’élève. L’examen aura lieu au retour des vacances de printemps, pour que les résultats puissent apparaître dans Parcoursup. Il devrait s’agir d’épreuves écrites (25% de la note, les élèves pourront choisir d’affecter respectivement 15% et 10% à chacune des épreuves). 

Deux épreuves communes, passées en terminale dans la seconde partie du mois de juin : une épreuve écrite de philosophie (10% de la note) + un grand oral (15%). L'épreuve de philosophie ressemblera à celle qui existe aujourd'hui. Quant au grand oral, il sera évalué par un jury composé de trois personnes, dont deux enseignants en lycée. A posteriori, les élèves auront pu travailler seul ou en groupe autour de sujets proches ou communs et auront pu se faire accompagner par un ou plusieurs enseignants en fonction des thématiques retenues. La préparation débutera en première mais le sujet sera validé définitivement au début de la terminale.

Du contrôle continu

Le baccalauréat rénové a vocation à prendre en compte des résultats obtenus par l’élève durant les deux années du cycle terminal, pour 40% de la note finale de l'examen. Selon les auteurs du rapport, il est intéressant pour l’élève et son lycée que des travaux réalisés en cours de formation fassent l’objet d’une évaluation comptant dans l’obtention du baccalauréat et que les élèves ne "jouent" plus leurs chances à l’occasion d’épreuves finales. Cela doit permettre de valoriser un effort continu plutôt qu’une accélération de court terme.


En revanche, les auteurs insistent sur le fait que des précautions devront être prises, notamment l’instauration de standards nationaux pour respecter l’équité entre les élèves et faire conserver au bac son statut de diplôme national.


Le rapport propose plusieurs options :

- Soit prendre en compte uniquement les résultats d’épreuves ponctuelles organisées en première et terminale pour l’ensemble des enseignements, y compris ceux correspondant aux épreuves anticipées et terminales 

- Soit prendre en compte des épreuves ponctuelles et pour une part marginale les moyennes des bulletins des classes de première et de terminale 

- Soit ne prendre en compte que les moyennes des bulletins de classes de première et de terminale.

La fin des séries L, ES et S

Le rapport préconise également de revoir toute l'organisation du lycée, et de supprimer les séries L, ES et S existantes. Dans le futur, l’organisation du lycée pourrait reposer sur trois unités d’enseignement et de formation proposées tout au long des trois années. 


Les unités d'enseignement seraient découpées ainsi : 

- Une unité générale qui regrouperait les enseignements suivis par l’ensemble des élèves 

- Une unité d’approfondissement et de complément qui regrouperait les enseignements disciplinaires ou pluridisciplinaires choisis par les élèves pour construire leurs projets d’études supérieures. Cette unité est elle-même organisée en trois catégories d’enseignements : majeure, mineure et mineure optionnelle qui correspondent à des disciplines que les élèves choisissent et dont ils peuvent changer dans des conditions précises 

- Une unité d’accompagnement, qui correspondrait au temps scolaire dédié à la préparation des élèves à la poursuite d’études dans l’enseignement supérieur (informations sur l’orientation, méthodes de travail…)


Le rapport explique également qu'il serait bon de passer à un rythme semestriel d’une durée de 18 semaines, de septembre à janvier et de février à juin. 

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