Cinq questions sur le FSPRT, le fichier qui recense les personnes radicalisées en France

RADICALISATION - Ils sont près de 20.000 à faire partie du fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT). Parmi eux : Radouane Lakdim, l'auteur de la prise d'otages survenue ce 23 mars près de Carcassonne. Malgré ses similitudes avec la fiche S, il entretient malgré tout quelques différences.

C’est un fichier quasiment inconnu du grand public. Pourtant, il a un rôle décisif dans la lutte contre le terrorisme. Le Fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT) contient environ 20.000 personnes, selon le dernier décompte de Matignon, publié en février dernier, dont plus de moitié sont actuellement sous haute surveillance. A l'inverse des fameuses fiches S, qui recensent les personnes susceptibles de menacer la "sûreté de l’Etat" et dont les profils peuvent être très variés - des militants d’extrême-gauche aux hooligans -, ce fichier recense exclusivement des individus radicalisés. 

Depuis quand existe-t-il ?

C’est par un décret datant du 5 mars 2015 que le FSPRT a été créé. Comme le précise le document, il s’agit d’un “traitement automatisé de données à caractère personnel”.  Son objectif est alors d’y inscrire les radicalisés. "Ceux qui nous intéressent”, précisait le préfet Olivier de Mazières au JDD en 2016, sont ceux qui sont “potentiellement violents”.

Que contient-il ?

Le fichier contient plusieurs éléments dont l’identité de la personne repérée, sa localisation, sa situation judiciaire, voire psychiatrique, mais pas seulement. Le document signale également des éventuels liens avec d’autres radicalisés et les différents rendez-vous qu’ils ont pu avoir. En juillet dernier, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb estimait qu'"une centaine" de personnes fichées était soupçonnées de détenir légalement une arme.


A l’heure actuelle, on compte à 95% des personnes majeures, près de 1000 mineurs y seraient ainsi inscrits.  Les 3/4 des radicalisés fichés sont par ailleurs des hommes.

Comment est-il alimenté ?

C’est l’Unité de coordination de la lutte antiterroriste (Uclat) qui se charge d’alimenter le fichier. Cette dernière se base principalement sur les services de renseignement et les informations recueillies sur le terrain.  Selon le gouvernement, "ils comprennent les déclarations effectuées au Centre National d’Assistance et de Prévention de la Radicalisation (CNAPR), celles des États-Majors de Sécurité des préfectures (EMS) et celles des services (Objectifs). 


Les appels téléphoniques auprès de la plateforme de signalement CNAPR (0800 005 696) sont ainsi une des sources non négligeables. Selon les informations du JDD, un appel sur dix aboutirait à un signalement.

A quoi sert-il ?

Mis à jour régulièrement, il permet d’orienter les perquisitions notamment pendant la période d’état d’urgence. Ainsi, les personnes susceptibles de passer à l’acte sont surveillées par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Les suspects “jugés moins dangereux” sont pour leur part suivis par le Service central du renseignement territorial (SCRT). La police judiciaire, les gendarmes et le service de renseignement parisien s’occupent de tous les autres. 

"Le haut du spectre, c'est-à-dire les individus les plus radicalisés, les plus dangereux, suivis par la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure), font tous l'objet de procédures judiciaires et beaucoup sont en détention", précisait à nos confrères du Parisien le préfet Olivier de Mazières. "La grande majorité des personnes qui figurent dans le fichier est, elle, observée par le Service central du renseignement territorial (SCRT), un service comparable aux anciens Renseignements généraux. Reste une minorité de personnes dites en veille, qui ne présentent plus de danger", ces dernières restent présentes dans le fichier "pendant cinq ans".

Quelle différence avec la fiche S ?

Les fichés S et le FSPRT sont deux listes distinctes. La première est une sous-catégorie du Fichier des personnes recherchées (FPR), où se trouvent, en plus des individus signalés pour “atteinte à la sûreté de l’état” (pour “S”), les évadés (“V”), les interdits de territoire (IT), ou encore les mineurs fugueurs (M). 


Par ailleurs ceux qui figurent dans un document, peuvent ne pas apparaître dans l’autre. Mais ces derniers ne sont pas tous des personnes radicalisées, puisqu’il est également possible d’y trouver des hooligans ou encore des manifestants particulièrement actifs.

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