Clichés filles-garçons : la nécessité de lutter dès le plus jeune âge

Clichés filles-garçons : la nécessité de lutter dès le plus jeune âge

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PREJUGES – Un rapport remis mercredi à Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes, avance des pistes pour mieux lutter contre les stéréotypes filles garçons. En particulier dès l'enfance, une période où les enfants sont particulièrement réceptifs aux clichés sexistes.

Sourire aux lèvres, un petit garçon joue à la poupée dans sa chambre. Quelques pages plus loin, une fillette s'amuse avec un établi de garagiste. En décembre dernier, le catalogue de jouets des Magasins U a envoyé valser pour la seconde année consécutive les clichés sexistes qui s'invitent sous le sapin. "On avait pour tradition de mettre dans nos prospectus des garçons qui font du bricolage et des filles qui jouent à la dînette. Mais plusieurs parents nous ont fait remarquer que ça ne se passait pas forcément comme ça chez eux", s'était défendue à l'époque l'enseigne, réfutant l'idée d'un acte militant. Pourtant, l'initiative dépasse le cadre de la symbolique. Car la publicité et la production industrielle véhiculent des stéréotypes auprès d'enfants particulièrement réceptifs.

"C'est important, même si en réalité ce ne sont que quelques images minoritaires dans le catalogue", relève pour metronews  Mona Zegaï . Pour cette sociologue qui a participé au rapport remis mercredi à la ministre , "les autres enseignes n'en font pas autant, ou alors de façon marginale." Des clichés issus d'une autre époque ? Pas sûr. Car, comme le rappelle la chercheuse, un catalogue des années 1950 était beaucoup moins marqué par la notion de genre, le marketing étant moins présent. "Les articles étaient catégorisés par types, la mixité plus forte."

"Ils ne sont pas là pour lutter contre les stéréotypes"

C'était sans compter l'arrivée de la photo et de la couleur qui, au fil des ans, ont contribué à l'assignation d'un genre aux objets. Jouets, jeux vidéos, mais aussi dessins animés ou films... le formatage s'installerait dès la petite enfance. En particulier dans les familles issues des classes populaires. "Ces dernières accordent plus d'importance à l'envie des enfants quand les milieux plus favorisés culturellement s'interrogent d'avantage sur ce que le jouet véhicule", souligne Mona Zegaï.

Néanmoins, cette problématique gagne du terrain ces dernières années. Et les initiatives des associations féministes ou égalitaristes, mais aussi des simples parents bousculent les professionnels. "Ils ne sont pas là pour lutter contre les stéréotypes. Sauf si les consommateurs les y poussent", assure la sociologue. Les enseignes, soucieuses de leur image, ne peuvent dès lors que céder. Par exemple en Suède, où Top Toy - franchise de l'américain Toys 'R' Us – a édité un catalogue "gender-blind" ("de genre neutre"). Et il y a quelques années, la chaîne de magasins La Grande Récré a lancé une marque de jouets mixtes. La révolution sexuelle des jouets a de beaux jours devant elle.

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