Clichy : nouvelle prière de rue vendredi prochain, le bras de fer continue autour de la mosquée fermée

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POLÉMIQUE - Le bras de fer se poursuit entre la mairie de Clichy et l'Union des associations musulmanes de Clichy-la-Garenne (UAMC). Dernier épisode en date, l'annonce d'une nouvelle prière de rue ce vendredi, au lendemain de leur interdiction par voix préfectorale.

L'Union des associations musulmanes de Clichy-la-Garenne (UAMC) a l'intention d'organiser une prière de rue vendredi 24 novembre en centre-ville, a affirmé son avocat vendredi 17 novembre, alors qu'une nouvelle réunion de conciliation avec la mairie est prévue lundi. "On ne lâchera pas", a affirmé Arié Alimi, l'avocat de l'UAMC. Il a assuré qu'aucune prière de rue ne serait organisée ce vendredi, mais a affirmé qu'une demande de manifestation serait déposée dès ce jour en préfecture pour la semaine suivante.


Les fidèles protestent contre la fermeture en mars de leur lieu de culte en centre-ville. Ils estiment en outre que la salle qui leur avait été proposée en remplacement, les Trois-Pavillons, excentrée et gérée par une autre association cultuelle, est trop exiguë et qu'elle n'est pas aux normes de sécurité.

Le 24 novembre, "tous les fidèles iront aux Trois-Pavillons pour montrer qu'il n'y a pas de place"

Une réunion organisée jeudi soir à la mairie de Clichy avait pourtant semblé apaiser la situation. Le préfet Pierre Soubelet avait invité les musulmans de cette ville des Hauts-de-Seine à "aller dans la salle des Trois-Pavillons", ajoutant que l'UAMC 

était "d'accord pour utiliser cette solution", même si elle n'était pas forcément "optimale pour eux".


Il avait en outre pris l'engagement de mettre un terme aux prières de rue qui "constituent un trouble à l'ordre public", surtout "depuis la manifestation des élus", vendredi 10 novembre. Une centaine d'élus en écharpe tricolore avaient tenté d'empêcher des fidèles musulmans de faire leur prière dans la rue à Clichy. 

   

Vendredi 24 novembre, "tous les fidèles vont aller aux Trois-Pavillons pour montrer qu'il n'y a pas de place", a affirmé Me Alimi. Ensuite, ils se dirigeront vers la place du marché, où se déroulaient jusqu'à présent les prières de rue, pour organiser une nouvelle manifestation. Si la préfecture refuse le rassemblement, l'UAMC prévoit de déposer un recours devant le tribunal administratif puis devant le Conseil d'Etat, "qui sera obligé de rendre une décision".

Un tract antisémite... écrit par un militant anti-islam

À l'issue de la réunion de jeudi soir, le maire (LR) de la ville, Rémi Muzeau, s'était pourtant réjoui des "avancées" : "Je n'ai plus de prières de rue dans ma ville, elle va pouvoir retrouver sa sérénité", a-t-il dit. Visé par une plainte de l'UAMC pour diffamation et incitation à la haine raciale suite à certaines déclarations, l'édile avait reconnu avoir eu une "réaction inappropriée en cette période".

Pour mémoire, il avait assuré sur LCI qu'il y avait eu "des prêches en arabe, avec des appels au meurtre" ainsi que "des documents qui ont été mis dans la rue, qu'on a récupérés, avec des phrases terribles où on disait 'si vous rencontrez un juif, tuez-le'". Libération a contacté jeudi l'auteur de ce tract, dont l'adresse mail figurait sur le document. L'homme se présente... comme un militant anti-islam et souhaite "dénoncer, en le dévoilant, le caractère multi-criminel du Coran et de la vie de Mahomet".

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