"On ne peut pas attendre" : rescapé d'un Covid sévère, Philippe milite pour la vaccination

Philippe, 45 ans, est resté dans le coma pendant 9 jours en raison d'une forme grave de Covid-19.

SENSIBILISATION - Au printemps dernier, Philippe, 45 ans, s'est retrouvé en réanimation dans un hôpital lyonnais, cloué au lit. Aujourd'hui, il envisage ainsi d'écrire un livre sur son histoire afin de devenir le porte-voix de la vaccination.

À seulement 45 ans, Philippe a la démarche d'un vieillard. Après avoir contracté le Covid-19 en avril dernier, il a été hospitalisé d'urgence dans un hôpital de Lyon. Après neuf jours de coma, il s'est réveillé avec du diabète, de l'hypertension, une insuffisance rénale et des délires hallucinatoires qui l'ont "convaincu que tout le monde voulait (le) tuer", relate-t-il sur LCI. "Mon premier souvenir est un souvenir extrêmement violent. Je me suis réveillée avec un tube très épais dans la bouche. J'avais les poignets attachés aux barrières du lit pour éviter que j'arrache ce tube, ce qui aurait été dramatique." 

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Covid-19 : le défi de la vaccination

Depuis ce réveil cauchemardesque, Philippe constate de nombreuses séquelles physiques laissées par la maladie. S'il confie réapprendre "à marcher petit à petit", il ne peut toutefois pas se déplacer sans l'aide de son déambulateur, chevilles serrées dans des attelles. "Le pied gauche n'est plus commandé par les muscles des jambes", détaille-t-il. "Donc, si je n'ai pas d'attelle mon pied traîne par terre. Tandis que l'attelle au pied droit, qui fonctionne un peu mieux, sert à équilibrer ma démarche." 

Afin de sensibiliser les non-vaccinés, il n'hésite pas à multiplier les témoignages et à mettre en avant la réalité parfois "trash" de son expérience : "J'ai raconté qu'on se fait en permanence dessus en réa et qu'au moins 30 personnes différentes m'ont nettoyé durant mon séjour. Pour certains, ça a été un déclic, ils ne voulaient pas que ça leur arrive à eux."

On sait qu'être vacciné divise par dix le risque de vivre ce que j'ai vécu- Philippe, 45 ans, rescapé d'une forme grave

Comme d'autres rescapés, parfois plus jeunes que lui, Philippe use ainsi de la pédagogie pour amener l'ensemble des Français à sauter le pas. "On sait qu'être vacciné divise par dix le risque de vivre ce que j'ai vécu. Je ne comprends donc toujours pas pourquoi tout le monde ne fait pas la queue dès le matin, 7h, pour se faire vacciner. On ne peut pas se permettre d'attendre d'avoir plus de recul, l'enjeu de la vaccination, c'est maintenant", martèle-t-il.

Alors que le quarantenaire ne sait pas s'il retrouvera la totalité de sa motricité, il envisage d'écrire un roman pour poursuivre son combat contre le Covid-19. Une forme de thérapie afin de prendre de la distance avec ces souvenirs douloureux.

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Pour rappel, 87% des entrées en soins critiques fin juillet 2021 concernaient des personnes non vaccinées, selon des chiffres de la Drees, le service statistique des ministères sociaux. Plus des deux tiers des patients sortent de réanimation avec des séquelles physiques, toujours présentes un an plus tard pour 50% d'entre eux, précise Serge Carreira, chef de la réanimation de l'hôpital Saint-Camille à Bry-sur-Marne, près de Paris. 

Entre le début de l'épidémie au premier trimestre 2020 et la mi-août 2021, ce sont quelques 90.000 passages en réanimation qui ont été enregistrés dans les hôpitaux français, d'après Santé Publique France.

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