Comment cultiver vos points forts pour évoluer dans votre entreprise

Comment cultiver vos points forts pour évoluer dans votre entreprise

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PROGRESSION - "Quel est votre point fort ? Votre talent-signature est-il mis en valeur au quotidien?"... Si vous ne savez pas répondre à ces questions, ne détournez pas le regard, on vous explique en quoi cela peut vous aider au quotidien, dans le cadre professionnel.

C'est une question qui revient régulièrement dans le cadre du travail, notamment lors d'un entretien d'embauche. Quels sont vos points forts, vos défauts ? En réunion, sur un projet, vous savez les domaines dans lesquels vous êtes bon, moins bon, mais n'osez peut-être pas l'affirmer pour plein de raisons. En France, il semblerait que nous ayons tendance à pointer plus facilement les points faibles de nos enfants et collaborateurs plutôt qu'à utiliser ou valoriser leurs points forts. Et si c'était un tort ? 


Plusieurs études le montrent : apprendre à développer ses qualités semble plus efficace que rectifier à tout prix ses faiblesses. Valérie Jacquemin-Ngom, coach en psychologie positive, vient de sortir un petit livre-guide Cultivez vos points forts, chez Jouvence éditions. Un vrai plus dans nos relations de travail et notre quotidien. 

Distinguez point fort et talent-signature

Pour Valérie Jacquemin-Ngom, un point fort est une compétence que l'on a plaisir à mettre en oeuvre sans faire d'effort car elle est sur la même ligne que nos valeurs. "En réalité, nous explique-t-elle, un point fort est une compétence un peu plus musclée." Ainsi, il va vous permettre d'exceller dans un domaine que vous maîtrisez, comme l'organisation par exemple, et d'éprouver une certaine satisfaction à mettre cela en oeuvre.


Un cran au-dessus se trouve le talent-signature. Derrière ce mot un peu étrange se cache l'idée d'un "super point fort", celui qui domine tous les autres. "Le talent-signature est la raison pour laquelle vous utilisez votre point fort (...) la raison pour laquelle vous pourriez quand même continuer à travailler même si vous avez gagné 160 millions d'euros au loto, une raison d'être", détaille Valérie Jacquemin-Ngom. 

Déterminez votre talent-signature

Une fois que l'on a compris ce qu'est un talent-signature, "il faut apprendre à déterminer lequel est le nôtre", indique la spécialiste. "Pour l’expliquer il faut aller voir la définition de Nietzsche : 'si j’ai un pourquoi, je pourrais mobiliser n’importe quel comment'", détaille la coach. Et cette dernière d'insister : "Il faut vraiment trouver le pourquoi de ce que l'on fait et au service de quoi, on est prêt à le faire". En d'autres termes posez-vous la question : quel métier feriez-vous si vous n'aviez pas besoin de gagner votre vie ? "Le talent-signature c'est 'Je suis'. Quelque chose de très identitaire", insiste la spécialiste. 


Ainsi, parmi les talents-signatures indiqués dans son livre, on peut notamment se déterminer comme négociateur, agrandisseur de potentiel, fédérateur ou encore rayon de soleil et vulgarisateur. Si vous encadrez des équipes, sachez par ailleurs qu'il est tout à fait possible de découvrir ceux de votre équipe. "Cela permet de conjuguer performance et bien-être en conciliant les besoins du salarié et ceux de l'entreprise", indique Valérie Jacquemin-Ngom. 

Développez vos points forts

Pour cultiver un point fort, l'idée est de se demander si on veut développer plus, mieux ou dans un autre domaine. Si vous êtes très à l'aise pour parler devant une vingtaine de personnes en réunion, vous pouvez faire plus et tenter d'être aussi bon devant 200 personnes. Ou bien vous êtes un excellent négociateur en dehors de votre entreprise mais finalement très moyen au sein de celle-ci. Essayez donc de mettre vos talents au service de votre société. 


Ensuite, fixez-vous des axes de progrès. Mais raisonnables, bien entendu. Il ne faudrait pas réitérer les résolutions de la nouvelle année que l'on ne tient qu'une semaine car l'objectif est trop haut. Cultivez-les ensuite sur des délais très courts. "Un délai à la semaine si possible, indique d'ailleurs Valérie Jacquemin-Ngom. Vous déciderez du nouveau palier à atteindre la semaine suivante." 

Un point fort peut-il être un point faible ?

"Oui et non", nous répond Valérie Jacquemin-Ngom. Il y a plusieurs façons de développer un point fort afin qu'il ne devienne pas un point faible. "Si vous êtes très organisé au point que vous pensez être maniaque et estimez que c'est peut-être un point faible, au lieu de vous dire de faire plus, il faut vous dire de faire mieux. Comment être organisé plus rapidement, en dépensant moins d'énergie personnelle ", explique la coach. L'idée est de cultiver le point fort mais en étant dans l'équilibre. 


Et que l'on se rassure, tous les points faibles ne sont pas forcément ce que l'on croit... Il y a ceux que l'on appelle les "points faibles admirables" : "ce sont des points faibles mais qui peuvent susciter chez le collaborateur une certaine appétence, de l'admiration. Ainsi, vous estimez ne pas être très bon pour la prise de parole en public, par exemple, mais vous admirez les gens à l'aise. C'est là que le manager doit intervenir et avoir conscience que le salarié peut progresser avec plaisir sur ce point", dit Valérie Jacquemin-Ngom. Nous avons tous également un point faible dit  "incontournable". C'est celui qu'il vous parait indispensable de corriger professionnellement ou personnellement, en priorité. Seul et prioritaire, ce dernier ne devrait pas être difficile à corriger car on ne va se consacrer qu'à lui. 

Faites connaître vos points forts et talent-signature

Un fois que vous avez déterminé quels étaient vos points forts et vos points faibles, il vous faut communiquer dessus. Si vous êtes très créatif et que vous savez et aimez rassembler les énergies de vos collègues, criez-le haut et fort. Mais n'hésitez pas, si c'est le cas, à dire que vous n'êtes pas à l'aise avec l'organisation. Et si vous avez repéré un collègue pour qui c'est le cas et avec lequel vous pensez pouvoir travailler de façon optimale, précisez-le aussi. "Quelqu'un qui est capable de dire cela à son responsable gagne le respect et travaille avec plaisir et rend service avec son entreprise", confie Valérie Jacquemin-Ngom. 


"Il faut être capable de signaler très vite le domaine où on est bon et celui où on est moins bon, car cela permet de monter des équipes extrêmement compétitives. C'est très bon au niveau de l’ego également. On essaye de masquer nos points faibles alors que c'est finalement plus simple de dire qu'on est moins bon dans un domaine après avoir expliqué dans quel compartiment du projet, on souhaitait figurer : la créativité, le concept, l'organisation, conception ...", dit-elle.

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Côté manager, il faut aller à contre-courant de ce à quoi nous avons été habitués depuis toujours : cette tendance à pointer les faiblesses plutôt que valoriser les points forts. Très souvent, "le manager pointe en premier lieu les lacunes des collaborateurs. Mais c'est une erreur. Une entreprise d'aujourd'hui n'a pas besoin de gens qui rentrent dans la norme, elle a besoin de gens excellents dans leurs domaines. Il faut faire en sorte que les points faibles ne pénalisent pas les collaborateurs", insiste-t-elle.


Un employé "est davantage susceptible d'atteindre l'excellence s'il sait comment exploiter sa motivation, car il associe compétence et plaisir", explique-t-elle.  Et d'ajouter : "Tout le monde a un point fort, il faut en être conscient et être capable de le dire. Cela permet de bien mieux fonctionner et de rendre l'entreprise plus performante."

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