Comment enseigner la Shoah à nos enfants ?

Comment enseigner la Shoah à nos enfants ?
SOCIÉTÉ

ÉDUCATION – À l'occasion du 70e anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz, et trois semaines après les attentats survenus à Paris, François Hollande a annoncé mardi que toute une série de mesures serait prise pour renforcer l'enseignement de la Shoah dans les établissements scolaires, pour que la Mémoire reste présente dans l'esprit des élèves.

Objectif : "désamorcer l'ignorance". Mardi matin, à l'occasion des commémorations du 70e anniversaire de la Libération d'Auschwitz, François Hollande a fait la promesse que "la République n'oublierait jamais" les victimes de la Shoah. Des paroles qui revêtent une dimension particulière après les attentats contre Charlie Hebdo et l'annonce de la  hausse des agressions antisémites en 2014 . Il y a cinq jours, une étude avait par ailleurs démontré que peu de jeunes ont aujourd'hui une connaissance approfondie de l'Holocauste. 

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Car si la Shoah est déjà enseignée aux élèves de CM2, de 3e et de 1re, certains pointent du doigt le risque de l'oubli. Et si de très nombreuses ressources sont  disponibles en ligne à l'attention des professeurs , les survivants sont de moins en moins nombreux pour venir témoigner. Surtout, les représentants des institutions juives s'inquiètent des thèses négationnistes qui fleurissent un peu partout sur Internet, menaçant d'influencer des élèves encore peu critiques.

"Un moment particulier"

"Lorsque j'ai abordé le sujet, j'ai eu bien plus de pleurs que de remises en question", tempère Paul*, professeur dans un collège de Seine-Saint-Denis. "C'est toujours un moment particulier. Les enfants sont confrontés à des images terribles", renchérit Anthony Lozac'h, professeur dans un collège de Haute-Normandie et membre du syndicat Se-Unsa. Lui non plus, en treize ans de carrière, n'a jamais été confronté à des élèves sous l'emprise de théories négationnistes. "Certains nous interrogent. Ils se posent des questions après avoir vu des vidéos, indique-t-il. Mais c'est à nous, professeurs, de fournir des explications sur les sources historiques".

Pour aborder le sujet, Paul aborde, très concrètement, l'aspect quotidien de la vie des camps. "En prenant le temps de détailler l'horreur, en s'appuyant sur les nombreuses reconstitutions historiques, le cours est très marquant", explique-t-il. Il travaille également de concert avec ses collègues de Français pour étudier des textes littéraires sur le sujet. Anthony Lozac'h, lui, se verrait bien y consacrer un temps plus long que les trois heures moyennes en collège. "Il faudrait le détacher de la Seconde Guerre mondiale et étudier plus précisément la notion de crime contre l’Humanité et ses résonances dans notre monde contemporain", estime-t-il.

* Le prénom a été changé

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