Comment un loup balte a-t-il pu arriver en Lozère ?

Comment un loup balte a-t-il pu arriver en Lozère ?

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MYSTERE - Un loup de lignée balte vient d'être détecté sur le territoire français, alors que les loups présents en France sont d'origine italo-alpine. Comment ce loup d'Europe de l'Est a-t-il pu arriver dans le sud de la France ? Une enquête est ouverte.

Il y a des loups en France, c’est un fait. Ils seraient même, d’après les derniers comptages, environ 430 individus. Sauf que d’ordinaire, ces canidés viennent en voisins : en effet, les loups observés sur le territoire français appartiennent à la lignée italo-alpine. 


Or, l’Office national de la chasse et de la faune Sauvage (ONCFS), chargé de suivre la population de ces mammifères, indique avoir identifié en Lozère un loup "n'appartenant pas à la lignée italo-alpine" mais "de lignée balte". La nouvelle a été officialisée vendredi par un communiqué. 


La présence de cet animal a été détectée dans le secteur de la Margeride, une région montagneuse, située dans le Massif central aux limites des départements du Cantal et de la Lozère.

L'ONCFS est formelle : "Les analyses génétiques réalisées à partir d’échantillons de poils et d’urine recueillis sur le terrain lors du dernier suivi hivernal laissent présager que cet animal est apparenté à des loups de lignée balte". Sauf qu'un mystère demeure : comment ce loup originaire  de l'Europe de l'Est est arrivé dans le sud de la France ? 


Pour l’Office de la faune sauvage, la "probabilité d’une arrivée naturelle de cet animal sur le territoire lozérien" est "faible". Des recherches ont donc été lancées pour en identifier la provenance.  En parallèle, une expertise technique et juridique est en cours pour " permettre d’arrêter les modalités de retrait du milieu naturel de cet animal".


Depuis le retour naturel du loup (Canis lupus lupus) sur le territoire national depuis l'Italie, au début des années 1990, le suivi biologique de cette espèce a été confié à l’ONCFS.  Dans son rapport de suivi annuel publié en début de semaine, l'office avait estimé la population de loups à près de 430 individus en France, soit une forte croissance de 20% par rapport à l'an dernier. Le Larzac et la Margeride figurent ainsi parmi les 13 nouvelles zones de présence permanente  du loup, de manière cependant solitaire, et non en meute. 

Face à cette évolution, les syndicats d’agriculteurs affichent, eux, leur inquiétude. La Coordination rurale demande ainsi l’annulation du plan loup : "Avec une population de l’ordre de 430 animaux, forcément sous-estimée puisque les attaques sur le front de colonisation sont totalement occultées, il faut revoir ce plan dans sa totalité au risque de voir le loup devenir totalement incontrôlable et par suite, provoquer de plus en plus de dégâts", indique la coordination dans un communiqué


Des éleveurs, bergers, scientifiques et des élus locaux ont également créé le 25 juin dernier  une Fédération nationale de défense du pastoralisme. Les fondateurs indiquent que la réimplantation des grands prédateurs, tels que loups et ours menacent l’avenir des élevages. "Il en va du maintien du tissu rural, social et économique, et de la sauvegarde d'une culture pastorale", explique-t-ils dans le Midi Libre.  

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