Condamnation du lycéen à Nancy : les drones sous surveillance

SOCIÉTÉ

TENDANCE – Un lycéen de 18 ans a été condamné ce mardi pour avoir utilisé un drone au dessus de la ville de Nancy sans autorisation. Une première en France, où l'utilisation de ces engins volants, en plein essor, échappe encore souvent à la réglementation.

C'est une première en France. Un lycéen de 18 ans a été condamné mardi à 400 euros d'amende pour mise en danger de la vie d'autrui et non-respect de la réglementation aérienne. Il avait en effet utilisé un drone équipé d'une caméra pour survoler Nancy afin de poster un clip sur les réseaux sociaux. Une vidéo qui a fait le buzz (plus de 400.000 vues sur YouTube), mais réalisée en toute illégalité.

"Cette affaire a le mérite d'éveiller les dronistes au potentiel danger que représente cet appareil", réagit pour metronews Emmanuel de Maistre, président de la Fédération professionnelle du drone civil. "Il peut peser plusieurs kilos et s'il tombe sur un passant, c'est mortel", s'alarme-il. Le garçon aurait en effet du passer une formation pour piloter ce type d'engin et obtenir une autorisation particulière pour le faire voler au-dessus d'un espace urbain. Une règle entrée en vigueur en 2012 en France, mais que peu de gens connaissent.

Un marché en pleine expansion

C'est l'un des problèmes que pose l'arrivée en masse, dans le ciel français, de ces petits hélicoptères télécommandés et équipés de caméras. L'engin de plusieurs tonnes, créé par et pour les militaires pour observer et tirer à distance, s'est aujourd’hu i décliné en un modèle réduit , accessible à tous. Il y a d'abord le jouet, en vente en grande surface pour environ 300 euros, dont le poids n'excède pas un kilo. La marque française Parrot, en pointe dans le secteur, aurait écoulé plus 100.000 exemplaires en France, et près de 700.000 dans le monde. Il s'est même hissé dans le palmarès des meilleures ventes à Noël dernier dans l'Hexagone. Un jouet qui tombe, lui aussi, sous le coup d'une réglementation stricte (il est réservé à un usage en espace clos ou aux terrains prévus à cet effet), souvent ignorée.

Et puis il y a le modèle professionnel, utilisé pour l'audiovisuel et l'industrie pour surveiller des chantiers, des champs, ou encore des vignes. La SNCF, par exemple, a pour ambition de "substituer des drones aux actuels avions et hélicoptères" pour surveiller ses voies. Un marché en pleine expansion : "on estime qu'environ 2000 drones à usage commercial sont déjà en circulation", avance Emmanuel de Maistre. Des machines beaucoup plus lourdes, entre 2 et 10 kilos, donc potentiellement dangereuses". Problème : ces robots sont en vente libre (moyennant parfois plusieurs milliers d'euros) et peuvent donc être envoyé en l'air par un pilote qui n'a pas été formé, comme le jeune Nancéien. Ce dernier avait utilisé le DJI Phantom, d'une valeur de 1000 euros.

Outre le casse-tête de la réglementation, il y a aussi celui, plus épineux encore, de l'atteinte à la vie privée. Discret, intrusif, mobile... avec un drone, espionner son voisin est aujourd'hui un jeu d'enfant. "Le drone, c'est l'incarnation technologique froide et parfaite de la surveillance", note dans un document de décembre 2013 la Commission nationale de l'informatique et des libertés ( CNIL ), qui a lancé une réflexion sur le sujet en janvier dernier. "L'innovation doit être du côté de la régulation", prévient la CNIL, selon laquelle le drone pose, à terme, la question de '"l'éthique de la robotique".

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