"S’il faut faire l’école à la maison, on le fera !" : vaccinés, les grands-parents prêts à garder leurs petits-enfants

"S’il faut faire l’école à la maison, on le fera !" : vaccinés, les grands-parents prêts à garder leurs petits-enfants

CHANGEMENT DE CAP - Alors qu'il leur a longtemps été demandé de rester à l'écart de leurs petits-enfants pour leur éviter la contamination au Covid-19, les grands-parents, pour certains vaccinés, sont de plus en plus appelés à la rescousse pour la garde de leurs petits-enfants, dont l'école est fermée. Au-delà de ce dépannage, leur rôle dans la société est plus que jamais crucial.

Pour beaucoup à la retraite, les grands-parents n'ont cependant jamais eu un rôle aussi important dans le maintien à flot de l'économie du pays. Vendredi dernier, l'Éducation nationale indiquait que 148 structures scolaires et 3256 classes étaient fermées après l'apparition de cas de Covid-19. Si pendant la première vague, beaucoup de parents avaient recouru au chômage partiel pour garder leurs enfants, ils sont cette fois de plus en plus nombreux à se tourner vers les grands-parents, dont le taux de vaccination progresse de jour en jour. Un grand-père et la présidente de l'école européenne des grands-parents de Bordeaux, également grand-mère, nous racontent quelle place cruciale ils occupent.

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On va pouvoir dépanner nos enfants, profiter de nos petits-enfants, et s’il faut faire l’école à la maison, on fera des efforts et on le fera !- Jean-Michel, grand-père de deux garçons

Jean-Michel, 70 ans, et sa femme, 67 ans, font partie des 265.000 personnes âgées de 65 à 75 ans qui ont déjà reçu les deux doses de leur vaccin. Résidant dans l'Ariège, ils ont l'habitude de recevoir à chaques vacances scolaires leurs deux petits-fils parisiens, âgés de 9 et 12 ans. Il y a un an, lors de la première vague, ils les avaient déjà accueillis sans trop se poser de questions. "À ce moment-là, on pensait que les enfants ne transmettaient pas le virus. Il y avait très peu d’enfants touchés. On n’a pas pris de précautions particulières"

Les vacances s'étaient cependant quelque peu prolongées suite au premier confinement.  Les deux parents travaillant, ils avaient pris le relais pour assurer l'école à la maison. "Ce n’était pas très facile, à notre âge, de se replonger dans les métamorphoses d’Ovide", se souvient Jean-Michel en riant. "Il fallait se connecter, faire les devoirs… On n’avait pas la méthode, mais on s’est adaptés, car ce n'est pas très commode de garder des enfants dans un appartement à Paris, surtout quand les parents travaillent."

Aujourd'hui, le couple se tient prêt à accueillir ses petits-enfants pour les vacances de Pâques, qui démarreront, pour la région parisienne, le 16 avril au soir, et même davantage si les écoles venaient à fermer. "Nous avons fait en sorte d'être vaccinés pour recevoir nos petits-enfants pour les vacances. Maintenant que c'est fait, on est plus tranquilles. On va pouvoir dépanner nos enfants, profiter de nos petits-enfants, et s’il faut faire l’école à la maison, on fera des efforts et on le fera !", affirme le grand-père.

On a mis en place les gestes barrières, on a fait très attention mais la nécessité faisant loi, nous sommes présents.- Gisèle Gizard, présidente de l'école des grands-parents européens (EGPE) de Bordeaux

Pour Gisèle Gizard, présidente de l'école des grands-parents européens (EGPE) de Bordeaux, les grands-parents ont, malgré les recommandations, toujours joué un rôle essentiel dans cette pandémie. "Bien qu’on leur ait dit de rester cloitrés, ils ne l’ont pas fait car il y avait des besoins immédiats dès le premier déconfinement. La classe n’avait pas repris et les grands-parents étaient pour la plupart auprès de leurs enfants et petits-enfants", affirme-t-elle. "On a mis en place les gestes barrières, on a fait très attention mais la nécessité faisant loi, nous sommes présents."

Dès le mois d'octobre, la présidente de l'EDPE Paris a d'ailleurs lancé une pétition, notamment adressée à Emmanuel Macron, pour s'opposer à la mise à l'écart des grands-parents. "Monter les générations les unes contre les autres est stérile, contre-productif voire dangereux au moment où notre nation a besoin de l'effort conjugué de tous", écrivait-elle dans ce texte. "Bien sûr il y a ce que l’on fait individuellement pour nos petits-enfants, mais ça a un impact sur la vie économique du pays", renchérit Gisèle Gizard.

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Elle-même grand-mère de six petits-enfants, elle a continué de les accueillir à chaque vacances scolaires pour permettre à ses enfants de travailler, précautions à l'appui. "J’ai la chance d’avoir une maison assez grande et j’ai fait une très grande table. Quand ils viennent, ils sont à un bout de la table et moi à l’autre bout. Quand on fait des jeux de société, on met les masques, on met du gel hydroalcoolique et tout le monde respecte ça", raconte-t-elle.

La grand-mère doit recevoir la première dose de son vaccin la semaine prochaine. "Je retrouverai mes petits-enfants dans des conditions plus agréables, encore qu’on nous dit qu’il faut rester prudent. Plus la modification de nos comportements, ce sera surtout la sérénité qu’on pourra avoir. Je ne demanderai plus à mes petits-enfants parisiens de se faire tester à chaque fois qu’ils venaient."

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