Congés parentaux trop courts, mal rémunérés : la France à la traîne

Congés parentaux trop courts, mal rémunérés : la France à la traîne

PARENTALITÉ - Un rapport de l'Unicef publié ce vendredi pointe la politique insuffisante de la France en matière de congés parentaux, trop courts et trop peu rémunérés. L'agence onusienne estime également que l'accès aux systèmes de garde d'enfants n'est pas assez égalitaire.

Les congés parentaux sont trop courts et trop peu rémunérés en France. Les conclusions d'un rapport de l'Unicef publié ce vendredi sont sans appel concernant la politique post-partum menée par le pays. Le Bureau de la recherche d'Unicef - Innocenti classe la France 19e sur la liste des 41 pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et de l'Union européenne (UE), classés selon des critères d'accès, de prix et de qualité des modes de garde, et d'accès à des congés de naissance.

Des congés parentaux trop courts et trop peu rémunérés

"Les congés dont peuvent disposer les mères en France demeurent trop courts (congé de base de 18 semaines à plein salaire, si on prend on compte le congé pathologique, NDLR) au regard des besoins de l'enfant et en comparaison avec les autres pays de l'OCDE", explique l'Unicef. "De plus, si les congés maternité et paternité sont relativement bien rémunérés, la faible indemnisation du congé parental d'éducation et l'existence d'obstacles culturels et professionnels rendent celui-ci peu attractif."

Moins de la moitié des pays riches offrent au moins 32 semaines de congé à plein salaire aux mères, est-il souligné dans le rapport. Et lorsqu'un congé paternel est proposé - toujours beaucoup plus court -, peu de pères le prennent, notamment en raison d'obstacles professionnels et culturels. En avril, une enquête réalisée par l'Observatoire français des conjonctures économiques révélait que moins d'1% des pères prennent un congé parental à temps plein. Selon les auteurs, cet échec est largement imputable au faible montant de l’indemnisation proposée, de 399 euros par mois pour un congé à temps plein, quelle que soit la rémunération antérieure. L'Unicef plaide dans son rapport pour un congé parental payé "d'au moins six mois".

Des systèmes de garde d'enfant encore trop peu accessibles aux ménages les plus modestes

Concernant la garde d'enfant, la France est aussi à la traîne, selon l'Unicef qui classe le pays 7e dans cette catégorie. Le rapport pointe notamment du doigt des inégalités "particulièrement marquées" liées à cet accès. "En 2017, 76,5 % des ménages à haut revenu avaient recours à ces services, contre seulement 31,6 % des ménages modestes", écrivent l'agence onusienne en charge du bien-être des enfants, qui encourage le gouvernement à poursuivre ses efforts pour renforcer l’accessibilité des services d’accueil du jeune enfant pour les familles en situations de précarité.

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Chypre, les États-Unis et la Slovaquie en queue du classement

Le Luxembourg, l'Islande et la Suède sont les nations qui proposent les meilleures politiques de garde d'enfants parmi les pays riches, selon le rapport de l'Unicef. Ces trois pays combinent "accessibilité, prix raisonnables et qualité des services de garde d'enfants" et "proposent des congés parentaux généreux aux deux parents pour leur permettre un vrai choix de leur mode de garde", écrit l'Unicef.

Chypre, États-Unis et Slovaquie, les trois pays en bas du classement, se distinguent par "la faiblesse de leurs investissements dans les congés et la garde d'enfants", semblant indiquer qu'ils considèrent cela "comme un avantage plutôt qu'une responsabilité nationale". Dans ces pays, un parent à faible revenu peut débourser jusqu'à la moitié de son salaire pour la garde d'enfant, est-il précisé. Les États-Unis sont en outre le seul pays riche à ne pas avoir de politique nationale en matière de congés de naissance, même s'ils peuvent être accessibles dans certains États ou pour les salariés de quelques grandes entreprises, note le rapport.

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