Consentement sexuel : 10 conseils à donner à son fils

Consentement sexuel : 10 conseils à donner à son fils

Société
PARENTS - Plusieurs mois après l'échec de la mise en place d'une présomption de non-consentement pour les mineurs de moins de 15 ans, Santé Publique France dévoile dans une étude que 8% des adolescentes âgées de 15 à 17 ans déclarent avoir subi un viol ou une tentative de viol. De quoi interroger la façon dont nous sensibilisons nos enfants, et particulièrement les garçons, à la question du respect du consentement.

C'est une étude de Santé Publique France qui prolonge la mise en lumière des difficultés à respecter la notion de consentement. 8% des adolescentes âgées de 15 à 17 ans déclarent avoir subi un viol ou une tentative de viol. Un chiffre qui tombe à 1% pour les hommes du même âge, raconte encore cette enquête dévoilée mardi 23 octobre par Europe 1. De quoi prolonger les questionnements autour de l'enseignement du consentement chez les plus jeunes d'entre nous. D'autant que, après avoir promis qu'un rapport sexuel avec un mineur de moins de 15 ans serait automatiquement considéré comme non-consenti, le gouvernement a fini par nettement revoir sa copie, suscitant la colère des associations féministes et de défense des droits de l'enfant.


A l'instar de la psychiatre Muriel Salmona, présidente de l'association Mémoire Traumatique et Victimologie, qui bataille depuis plusieurs années pour une présomption de non-consentement avant 15 ans. En cause, une image de "Lolitas" encore trop présente dans l'imaginaire collectif. Il semblerait en effet que dans l’inconscient commun, le consentement ne soit pas vraiment très clair, de nombreux hommes ayant encore du mal à comprendre la barrière infranchissable du "non". 


Au moment de ce débat sur le seuil de non-consentement, nous avions demandé à la docteure Béatrice Copper-Royer, psychologue clinicienne, spécialisée dans l'enfance et l'adolescence, de nous donner les clés pour savoir comment aborder avec son fils cette notion essentielle. 

Les enfants doivent comprendre que leur corps leur appartient, mais aussi qu’ils n’ont aucun droit sur le corps des autres.Béatrice Copper-Royer

"Il est important que les garçons y soient sensibilisés dès leur plus jeune âge, puisqu’il s’agit avant tout d’une question d’éducation. Ainsi, à 4 ou 5 ans, on peut déjà lui parler de pudeur. S'il prend son bain avec sa soeur, il faut dire, par exemple, à son petit garçon qu'il ne doit pas se tripoter le zizi. Et même si ce geste est tout ce qu'il y a de plus innocent, c’est dès cet âge-là que les enfants doivent comprendre que leur corps leur appartient, mais aussi qu’ils n’ont aucun droit sur le corps des autres", analyse la psychologue.


"C'est également très tôt qu'il faut lui apprendre que dans la vie, il ne doit y avoir aucune domination d'un sexe sur l'autre. Le consentement doit être réciproque. Un principe qui va de pair avec le respect. Et comme les notions de pudeur et d'intimité sont en plus très galvaudées par les réseaux sociaux, les parents doivent absolument faire contrepoids pour que les jeunes ne prennent pas pour argent comptant des informations totalement erronées", ajoute Béatrice Copper-Royer. 


Le rôle des parents est donc essentiel prévient la thérapeute citant en exemple une de ses récentes consultations : "J'ai reçu dernièrement dans mon cabinet une petite fille de 9 ans pour des troubles anxieux. Et tout à fait par hasard, elle m'apprend que son frère de 15 ans vient dans son lit lui faire des 'gratouillis', comme elle disait. On n'est évidemment pas dans l'abus sexuel, mais un garçon de cet âge n'a pas à aller dans le lit de sa sœur. Dans la tête d'un jeune garçon en pleine puberté et d'une petite fille de 8 ou 9 ans il ne se passe pas la même chose", tance-t-elle. 


"Les parents étaient très surpris de ma remarque. C'est pourtant leur rôle d'apprendre cela à leur fils. Ça démarre par là. Car il ne faut pas se leurrer, le garçon de 15 ans quand il est dans la salle de bain, il ferme la porte, donc pourquoi envahirait-il l'intimité de sa sœur quand lui-même protège la sienne !"

Les 10 conseils à donner à son fils

• Ne t'imagine pas, qu'en tant que garçon tu as tous les pouvoirs et tous les droits.


• Tu dois savoir qu'une jeune fille de 14 ans n'a pas forcément l'âge de savoir à quoi elle consent.


• Si tu veux avoir une relation physique avec une fille plus jeune que toi, demande-toi si ce n'est pas trop tôt pour elle.


• Quand c'est non, c'est non. Tu ne dois rien imposer. Et un silence ne doit pas être interprété comme un oui.


• Tu dois écouter l'autre. Le rapport amoureux n'est intéressant que quand on se parle, on s'écoute, on se comprend. 

C'est un rapport verbal avant d'être un rapport physique.


• Les filles ne sont pas des personnages de films porno.


• Ne considère pas les filles comme un simple objet de désir.


• Ce qui se passe sur internet, ce n'est pas la réalité.


• Tu ne dois pas proférer des paroles insultantes envers les filles et si c'est le cas, il faut te reprendre systématiquement.


• Tu dois participer aux tâches ménagères à égalité avec ta sœur.

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