Contre le suremballage et l'utilisation abusive de plastique, des "Plastic attacks" organisées dans plusieurs supermarchés de France

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ECOLOGIE - A l'appel du mouvement citoyen "Plastic Attack", plusieurs opérations "anti-plastique" ont eu lieu dans plusieurs villes de France ce samedi. L'objectif de ces actions coup de poing : responsabiliser le secteur de la grande distribution sur sa surconsommation de plastiques, le plus souvent superflue, et à affirmer la volonté des consommateurs de voir se développer des alternatives au plastique à usage unique.

Si l’on ne fait rien, en 2050, il y aura plus de plastique que de poissons dans les océans. La formule, tirée du rapport 2016 de la fondation Ellen MacArthur, donne une idée des ravages causés par l’utilisation abusive du plastique, et l’urgence de la situation. Une journée de mobilisation est programmée ce samedi 2 juin dans des enseignes de grande distribution de plusieurs villes, à l’appel du collectif "Plastic Attack France". Plusieurs actions coup de poing ont eu lieu ce jour notamment à Paris, dans des magasins Carrefour et Monoprix , mais aussi à Strasbourg, Lyon, Lille, Le Mans, Quimper, Montpellier ou encore Toulouse. En quelques minutes, dans un magasin de Montparnasse, plusieurs caddies ont ainsi été remplis de déchets plastiques après le passage d'une soixantaine de clients. Des initiatives similaires étaient également programmées, ce samedi, dans plus de 50 villes du monde, et à d’autres dates tout au long de l’été. 

D'où vient le concept de plastic Attack ?

Cette opération de sensibilisation vise à responsabiliser le secteur de la grande distribution sur sa surconsommation de plastiques, le plus souvent superflue, et à affirmer la volonté des consommateurs de voir se développer des alternatives au plastique à usage unique. Le mouvement citoyen Plastik Attack a vu le jour le 27 mars à Keynsham (Royaume-Uni). Un groupe d’une vingtaine de clients s’étaient donné rendez-vous dans leur supermarché habituel pour faire leurs emplettes. Une fois passés à la caisse, ils ont dégainé ciseaux et cutters afin de libérer leurs achats des emballages inutiles, qu’ils ont ensuite déposés dans des chariots vides devant le magasin. La vidéo de leur action, diffusée sur les réseaux sociaux, est rapidement devenue virale, avec près de 17 millions de vues. Des "plastic attacks" ont été organisées au mois d’avril à Amsterdam (Pays-Bas), Bratislava (Slovaquie), Bruxelles (Bruxelles) ou Oslo (Norvège), avant d’arriver en France.

Une pétition en ligne sur Change.org

L'antenne parisienne du collectif Plastic Attack, initiée par un groupe d’étudiants en master "responsabilité sociale et environnementale" de l’International Terra Institute de Paris, a également lancé lundi 28 mai – date de l’annonce par la Commission européenne d’un projet de directive visant à réduire "drastiquement" l’utilisation des produits en plastique à usage unique quotidien comme les couverts, assiettes ou gobelets, les pailles ou les Coton-Tige – une pétition en ligne sur la plate-forme Change.org. Intitulée "Pour en finir avec les emballages plastique à usage unique", elle s’adresse aux groupes Auchan, Carrefour, Casino, Intermarché, Leclerc ou Système U, et déjà recueilli plus de 2700 signatures. Elle les exhorte de débarrasser leurs rayons des emballages plastiques destinés à la promotion de produits ou à la protection des fruits et légumes issus de l’agriculture biologique, des emballages jetables "dont l’innocuité demeure incertaine pour le consommateur", ou encore des bouteilles en plastique. 

Carrefour s'engage à réduire l'usage de plastique

Le groupe Carrefour, dont un magasin parisien du 12e arrondissement, devait faire l’objet d’une action, ce samedi, a réagi dès jeudi à l’annonce des "Plastic attacks" pour se positionner en élève modèle. L’enseigne a annoncé, dans un communiqué,  un objectif de "100 % d’emballages recyclables, réutilisables ou compostables" pour les produits à la marque de l’enseigne d’ici à 2025, afin de passer du "jetable à une économie circulaire". Elle s’engage, en outre, à supprimer les emballages plastique non recyclables des fruits et légumes bio, de cesser la commercialisation des pailles en plastique dès la fin de l’année et de remplacer progressivement celles des briquettes de jus. Carrefour annonce, toujours dans son communiqué, la fin des barquettes en polystyrène aux rayons boucherie, poissonnerie et fromage. Enfin, il assure que l’ensemble des emballages de ses produits sera recyclable, en commençant par les produits Carrefour bio "dès 2020", et qu’elle intégrera "dès 2022", 50 % de plastique recyclé dans ses bouteilles de jus et de soda, et dans ses bouteilles d’eau.

La grande distribution doit changer de politique en matière d’emballages"Arnaud Ramos, porte-parole du collectif Plastic Attack France

La grande distribution doit changer de politique en matière d’emballages, déclare à LCI Arnaud Ramos, porte-parole du collectif Plastic Attack France. Les engagements pris jeudi dernier par Carrefour montrent que ces actions menées par des consommateurs sont un moyen efficace d'interpeller les acteurs de la grande distribution, de manière totalement pacifique et apolitique, et de faire bouger les choses. Ils sont très puissants et ils ont les moyens de mettre la pression aux grandes marques de l'agroalimentaire afin qu'ils suppriment les emballages superflus de leurs produits."


Pour rappel, toute les minutes, l'équivalent d'un camion-benne rempli à ras bord de déchets plastiques est déversé dans les océans du monde entier, avec des conséquences dramatiques sur les écosystèmes marins. Mais aussi pour notre santé. En effet, la pollution par les microplastiques, en contaminant la chaîne alimentaire dans les océans, se retrouve ensuite dans nos assiettes, que cela soit dans les poissons, les fruits de mer, mais aussi le sel marin !

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