Contre quoi les cheminots de la SNCF font-ils grève

Contre quoi les cheminots de la SNCF font-ils grève

DECRYPTAGE – Si les cheminots de la SNCF font grève depuis le 10 juin dernier, perturbant très fortement le trafic ferroviaire, leurs motivations restent toujours floues. Point par point, metronews revient sur le fond de cette contestation.

Mais pourquoi font-ils grève ? Beaucoup d'usagers se posent la question mais peu parviennent à y répondre. Les cheminots ont beau avoir été reçus par la direction de la SNCF lundi , ils ont malgré tout décidé de reconduire leur mouvement jusqu'à mardi, jour d'examen à l'Assemblée de la réforme ferroviaire contestée par la CGT et SUD-Rail. L'occasion pour metronews de revenir sur les raisons de cette contestation.

A quoi les grévistes s'opposent-ils ?
A partir de mardi, les députés vont discuter du projet de réforme ferroviaire du gouvernement, qui prévoit de fusionner, dix-sept ans après leur division, la compagnie ferroviaire SNCF et son gestionnaire de réseau, RFF. Le but : stabiliser le déficit de la RFF et préparer l'ouverture à la concurrence prévue par Bruxelles. "Nous sommes pour une fusion de ces deux structures mais opposés à cette réforme du système ferroviaire", précise le secrétaire fédéral de la CGT Cédric Robert. Comme SUD-Rail, l'organisation syndicale conteste en effet trois points de la réforme.

>> Ils veulent une seule structure pour rassembler RFF et SNCF
La proposition de loi présentée par le secrétaire d’État chargé des Transports , Frédéric Cuvillier, vise à réunir à nouveau les deux entités – renommés dans ce cadre SNCF Mobilités et SNCF Réseau – en les plaçant sous la direction unique de la SNCF. Un écran de fumée selon le secrétaire fédéral de SUD-Rail David Wehrli. "Le gouvernement ne fusionne pas vraiment la RFF et la SNCF puisque trois Épic (Établissement public à caractère industriel et commercial) vont en fait exister", déplore-t-il pour metronews. Quelles conséquences pour les cheminots ? "Trois structures au lieu d'une, c'est trois fois plus de confusion. Il y aura trois conseils d'administrations, qui seront chacun indépendants", déplore Cédric Robert, secrétaire général de la CGT. Et d'ajouter : "Rien n'est prévu par ailleurs pour financer cette réforme. Cela induira donc des suppressions de postes, des fermetures de guichet et une augmentation de la productivité des cheminots".

>> Ils veulent une convention collective aussi protectrice que celle d'aujourd'hui
La réforme du système ferroviaire, et par extension l'ouverture à la concurrence privée d'ici à 2019, implique que la convention collective de la SNCF soit renégociée. "Notre conflit actuel porte aussi sur un certain nombre de revendications internes", explique Cedric Robert. "Nous souhaitons que les futurs cheminots du privé comme du public puissent bénéficier de nos acquis. Pourquoi repartir à zéro au lieu de partir de notre convention collective actuelle", interroge David Wehrli, le secrétaire fédéral de SUD-Rail. "Y a t’il des raisons de s’inquiéter ? Pour moi oui", écrit un blogueur cheminot adepte des réseaux sociaux . "Le seul début d’accord déjà négocié est un accord de branche qui dit déjà que l’on ne travaille pas assez de dimanche par an, que 52 repos doubles, c’est bien trop, que 9h entre deux journées de service, ce serait bien suffisant, que des journées de 11 ou 12h (qui sont aujourd’hui une exception) pourraient devenir la norme".

>> Ils veulent que l'Etat rembourse la dette de RFF
Le but de la réforme est de parvenir à réduire la dette colossale de RFF, qui s'élève à 44 milliards d'euros. Sauf que l'UNSA et la CGT voudraient que cette dette soit "reconnue comme publique" et qu'elle soit "confiée à une structure juridique extérieure". "La dette de la RFF a été principalement contractée par l'Etat pour investir dans les lignes TGV. C'est logiquement à l’État de la prendre en charge pour permettre à RFF d'en être déchargée et de pouvoir investir", explique David Robert de la CGT.

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