Contrôle des chômeurs par Pôle emploi : d’après les chiffres officiels, pas de "bataillons de profiteurs"

Contrôle des chômeurs par Pôle emploi : d’après les chiffres officiels, pas de "bataillons de profiteurs"

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CONTRÔLE - Pôle Emploi a fourni mercredi un premier bilan officiel du contrôle des demandeurs d'emplois entamé par ses services il y a presque deux ans et indiqué avoir procédé à 269.000 contrôles aboutissant à 14% de sanctions.

Alors oui, il y a des radiations, mais pas en nombre aussi élevé que certains auraient pu s’y attendre. Preuve que tous les chômeurs ne sont pas inscrits à Pôle emploi pour toucher des aides en se la coulant douce. Pôle emploi a fourni ce mercredi un premier bilan officiel du contrôle des demandeurs d'emplois entamé par ses services il y a presque deux ans. L’organisme indique avoir procédé à 269.000 contrôles. D’arès les chiffres, 86% des personnes contrôlées ont montré qu’elles remplissaient bien toutes leurs obligations. Et 14% ont été sanctionnées, c’est-à-dire, radiées. 


L'opérateur public délivrera un bilan "plus approfondi" au cours du premier trimestre 2018, a-t-il indiqué dans un communiqué à l'issue d'un conseil d'administration mercredi. Pôle Emploi estime que ce dispositif de contrôle, d'abord expérimental en 2013 et 2014, puis généralisé à compter de novembre 2015, est "un outil de remobilisation de l'emploi". 

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Contrôle des chômeurs : 14% de radiations, avance "Les Echos"

"Redynamiser le demandeur d'emploi"

Depuis novembre 2015, les quelque 215 personnes dédiées au contrôle chez Pôle Emploi ont réalisé "12.000 contrôles par mois". Ces contrôles "confirment l'effectivité de la recherche d'emploi ou permettent une redynamisation du demandeur d'emploi dans 86% des cas", estime-t-il. Dans les 14% restant, ils mènent à une sanction, c'est-à-dire la radiation. Les Echos, qui avaient révélé ces chiffres début novembre en avant-première, précisait que sur les 14 % radiées in fine, "une proportion tout de même non négligeable", "seules 40 % étaient indemnisées par l'Unédic, les autres relevant soit du régime de solidarité (23 %) ou ne touchant plus rien (36 %)".


La méthode utilisée par Pôle Emploi consiste majoritairement en contrôles ciblés (60%), suivis de contrôles aléatoires via tirage au sort (34%) et enfin de "signalements" à la demande d'un conseiller pour 6%. Les chômeurs inscrits à Pôle emploi ont l’obligation d’accomplir "des actes positifs et répétés en vue de retrouver un emploi, de créer ou de reprendre une entreprise". Mais les contrôles ont longtemps été rares. 

Lors de son lancement en 2015, le directeur général de Pôle Emploi, Jean Bassères, avait martelé" qu'il n'y avait pas et qu'il n'y aurait pas d'objectifs de radiations".  Emmanuel Macron s'est engagé à multiplier par cinq les effectifs de contrôleurs pour les porter à 1.000, en contrepartie du projet d'extension de l'assurance-chômage aux indépendants et aux démissionnaires. Cette réforme de l'assurance chômage doit être réalisée en 2018.


La question du contrôle des chômeurs fait régulièrement polémique. Le patron du Medef, Pierre Gattaz, qui la juge capitale, avait récemment évoqué un "contrôle journalier" avant de préciser qu'il pourrait être "hebdomadaire" ou "mensuel". L’idée sous-jacente est que le renforcement des contrôles et un remède aux offres d’emploi non pourvues.

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