Covid-19 : l'objectif des 50 millions de primo-vaccinés atteint avec 18 jours de retard

Ce vendredi, la barre des 50 millions de Français ayant reçu au moins une injection a été franchie. Concrètement, pourquoi cette étape est-elle si importante ?

RETARD - Si l'exécutif avait fixé ce seuil comme objectif pour la fin août, la barre des 50 millions de Français ayant reçu une dose de vaccin a finalement être franchie ce vendredi. Pour autant, ce contretemps marque-t-il l’échec de la stratégie du "aller vers" ?

Rendez-vous était pris normalement pour le 31 août, tout au plus. Avec 18 jours de retard sur la date initiale que s'était fixée le gouvernement, la barre des 50 millions de Français ayant reçu une dose de vaccin a été franchie ce vendredi 17 septembre, a annoncé Emmanuel Macron, alors que le dernier bilan faisait état, la veille, de 49.915.552 primo-vaccinés en France, soit 74% de la population totale. De leur côté, 47.222.749 personnes pouvaient justifier d'un schéma vaccinal complet jeudi soir, soit 70% de la population totale. 

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Covid-19 : le défi de la vaccination

Ralentissement continu

Si les niveaux atteints au cours des dernières semaines se veulent satisfaisants et encourageants, ils sont aussi révélateurs d'une forme d'échec. 

La campagne de vaccination connait en effet, depuis la fin août, un ralentissement constant. Ainsi, 62.500 premières doses ont été injectées en moyenne sur les sept derniers jours contre 330.000 fin juillet. Concernant les troisièmes doses, auxquelles sont éligibles quelque 18 millions de Français, seules 30.000 injections quotidiennes sont réalisées en moyenne.

L'enjeu reste de taille, notamment pour les seniors, susceptibles de développer des formes graves. En effet, si plus de 97 % des 70-74 ans sont vaccinés, et près de 95 % des 75-79 ans, un senior de plus de 80 ans sur cinq ne l'est pas quand l'Espagne, la Norvège, le Portugal et l'Autriche, entre autres, ont de leur côté vacciné l'intégralité de leur population de cette classe d'âge. Mais contrairement à l'Espagne, par exemple, où dès le mois de décembre 2020, les autorités sanitaires ont contacté par téléphone ou par SMS chaque candidat potentiel à la vaccination pour prendre rendez-vous grâce au fichier national de la sécurité sociale, en France, les candidats à la vaccination doivent normalement eux-mêmes prendre rendez-vous. 

Le gouvernement s'appuie sur les médecins et associations

"Insuffisant", déplorait en août la Société française de gériatrie et de gérontologie (SFGG), pointant du doigt les lacunes de la couverture vaccinale des personnes de plus de 80 ans vivant à domicile. "Les services publics français ne réussissent pas à identifier les personnes âgées qui sont aujourd'hui les plus exclues de la société, affirme le gériatre. Ce sont les personnes qui ont de grandes difficultés de mobilité ou qui connaissent des troubles cognitifs qui ne sont pas encore vaccinées", abondait il y a peu le professeur Bruno Vellas, coordinateur du pôle gériatrie du CHU de Toulouse, pour La Dépêche. Face à ce constat, le gouvernement tente, via les médecins traitants et les associations, d'atteindre ces derniers non-vaccinés.

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En dépit de ce contretemps pour atteindre le seuil symbolique des 50 millions de primo-vaccinés, l'évolution de la couverture vaccinale ces dernières semaines est bien synonyme de victoire pour Emmanuel Macron et son gouvernement. Pour rappel, entre le 12 juillet, date de l'allocution lors de laquelle le président a annoncé l'instauration du pass sanitaire, et ce vendredi 17 septembre, près de 14 millions de personnes se sont fait vacciner, soit une évolution de près de 20 points de la couverture vaccinale. S'agissant des Français de plus de 12 ans, seuls éligibles à la vaccination, ce chiffre atteint même 86 % pour la première dose, contre 63 % le 12 juillet.

Plus en détail, c'est chez les plus jeunes que la couverture vaccinale s'est notamment étendue, les deux tiers des 12-17 ans - qui seront soumis au pass sanitaire à compter du 30 septembre - étant désormais vaccinés, contre 21 % à la mi-juillet. Concernant les 18-24 ans, la couverture vaccinale atteignait 87 % au 17 septembre, dépassant ainsi celle des 25-49 ans (84 % de primo-vaccinés).

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