"Coulibaly paraissait très peu méfiant" : le témoignage surréaliste d'un otage de la porte de Vincennes

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PRISE D OTAGES – Libération a publié dimanche le récit de Nessim Cohen, qui faisait partie des otages retenus vendredi par Amady Coulibaly dans l'hyper cacher de la porte de Vincennes, à Paris.

C'est un témoignage particulièrement instructif. Otage retenu vendredi par Amédy Coulibaly dans l'hyper cacher de la porte de Vincennes, à Paris, Nessim Cohen a livré à Libération le récit d'une prise d'otage qui a vu la mort de quatre personnes parmi les clients du magasin et de celle du terroriste.

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"On était presque relax"

Les circonstances de l'attaque sont détaillées. "J'ai entendu une très forte détonation (…) Des gens ont foncé vers le fond du magasin ; mon amie et moi les avons suivis, descendant dans la réserve qui donne elle-même sur une chambre froide", témoigne Nessim Cohen. Une dizaine de personnes remonte cinq minutes plus tard. Ils constatent alors que quatre d'entre elles ont été abattues par le preneur d'otages dès son arrivée.

"Amédy Coulibaly n’est jamais descendu (dans la réserve, ndlr) lui-même. (...) Il m’a demandé d’arracher les caméras de surveillance du magasin, puis de barricader la porte de secours (…) Il avait une caméra GoPro sur lui et un ordinateur", précise un otage étonné par le comportement du terroriste. "On ne peut pas dire qu'il nous surveillait de près. En fait, on était presque relax", raconte Nessim Cohen.

"Allez-y les gars, faites comme chez vous"

"Il paraissait très peu méfiant", ajoute un otage qui raconte que le preneur d'otages s'est servi dans les rayons pour manger un sandwich. "Il nous a dit : 'allez-y les gars, faites comme chez vous'". Réponse amère de Cohen : ""Tu es gentil mon pote, mais tu m’as un peu coupé l’appétit, là."

Devant le peu de méfiance de l'assaillant, Nessim Cohen a pensé tenter quelque chose contre lui. Mais l'otage s'est rappelé du funeste sort de son camarade d'infortune, tué après s'être emparé d'une arme enrayée de Coulibaly. Après avoir prié pendant une quinzaine de minutes, Amédy Coulibaly "est parti s'occuper de ses explosifs". C'est à ce moment là que le RAID fait exploser la vitrine de l'épicerie et intervient à l'intérieur. Nessim Cohen sait qu'il l'a échappé belle. "J’ai beaucoup pensé à ma mère, que j’avais appelé pendant la prise d’otage pour lui dire que j’allais sans doute mourir".

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