Coups de chaleur, maladies et stress : les effets du changement climatique sur notre santé "pires qu'on ne le pensait "

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ETUDE - Coups de chaleur, pertes de productivité, expansion des maladies transmises par les moustiques... Le changement climatique a déjà un impact concret sur notre santé, avertit un rapport publié mardi, qui invite à "accélérer la transition vers une société bas carbone".

"Les symptômes humains du changement climatique sont sans équivoque et potentiellement irréversibles, touchant dès aujourd'hui la santé des populations dans le monde entier." C’est ainsi que débute un rapport publié ce mardi par la revue médicale britannique The Lancet. 


Ces "symptômes", provoqués par l'augmentation des températures moyennes et la multiplication des "événements climatiques extrêmes", sont "clairs depuis quelques années, et les impacts sur la santé sont bien pires qu'on ne le pensait auparavant", souligne le document. "Ces effets affectent majoritairement les populations les plus vulnérables de la société, mais toutes les communautés seront touchées."

Stress thermique et coup de chaleur

Il est clair que les canicules sont de plus en plus fréquentes et de plus en plus intenses, indique encore le rapport : entre 2000 et 2016, un surcroît de 125 millions d'adultes vulnérables y a été exposé, atteignant un record de 175 millions de personnes en 2015. Les conséquences pour la santé allant "du stress thermique ou coup de chaleur à l'aggravation d'une insuffisance cardiaque pré-existante ou à un risque accru d'insuffisance rénale liée à une déshydratation".


La hausse des températures ambiantes a également des effets négatifs sur la productivité du travail : sur cette même période, la hausse des températures a réduit de 5,3% la productivité des travailleurs dans les zones exposées. 

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Extension des maladies, perte de sommeil

Le réchauffement du climat a par ailleurs élargi le champ d'action du moustique porteur de la dengue, augmentant son aptitude à transmettre la maladie de 9,4% depuis 1950, tandis que le nombre de malades était presque multiplié par deux tous les dix ans. Ces conclusions s’ajoutent à celles d'un rapport de juin 2017, qui avait mesuré que le changement climatique, et notamment la hausse des températures, avait un impact direct sur la perte de sommeil, les difficultés pour dormir augmentant avec les données sur la température  nocturne.


"Dans l’ensemble, une augmentation de 44% des catastrophes liées aux conditions météorologiques (ouragans, inondations, sécheresses...) a été observée depuis 2000, la mortalité causée par ces événements extrêmes ne présentant pas de tendance claire ni à la hausse ni à la baisse, ce qui semble indiquer un début d'adaptation au changement climatique", note encore le rapport. Mais d’après les prévisions, les impacts du changement climatique vont "s'aggraver au fil du temps", et les "niveaux actuels d’adaptation s’avéreront insuffisants à l’avenir".

Les populations les plus pauvres d'abord touchées

Baptisé "Compte à rebours sur la santé et le changement climatique", ce rapport entend mesurer tous les ans jusqu'en 2030 les progrès réalisés pour 40 indicateurs clés concernant ces deux sujets. Lancé en 2015, il est élaboré par 24 organismes de recherche et organisations internationales, dont l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et l'Organisation météorologique mondiale (OMM).


Ses auteurs reconnaissent qu'il est difficile de démêler les impacts liés au changement climatique de ceux causés par la démographie, la pauvreté ou encore la pollution. Si l'on ne peut pas encore attribuer de façon certaine ce phénomène au changement climatique, le lien est "plausible", et il y a peu de doute qu'il y aura à l'avenir une hausse de la "fréquence et de la gravité" de ces épisodes, ajoutent-ils.


Après 15 ans d'"inaction relative", les progrès vers une société bas-carbone et pour s'adapter au changement climatique se sont accélérés ces cinq dernières années, notamment à l'occasion de l'accord de Paris sur le climat, reconnaissent-ils. Mais au vu de la multiplication prévisible des phénomènes climatiques extrêmes, de nombreuses "barrières technologiques, financières et politiques" restent à franchir, en particulier dans les pays à faible et moyen revenu, pour s'adapter et limiter l'impact sur la santé, avertit le rapport.

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