Covid-19 : 5 questions sur la grève générale en Guadeloupe contre l'obligation vaccinale des soignants

Covid-19 : 5 questions sur la grève générale en Guadeloupe contre l'obligation vaccinale des soignants

EXPLICATIONS - Après les bras de fer des soignants de Guyane et de Martinique, c’est au tour de Guadeloupe d’être confronté à la fronde du personnel de santé face à l’obligation vaccinale. LCI fait le point sur la situation.

La tension est montée d'un cran entre antivax et forces de l'ordre en Guadeloupe, alors qu’une grève générale illimitée contre l’obligation vaccinale des soignants et le pass sanitaire se poursuit dans l'île des Antilles françaises. 

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Covid-19 : le défi de la vaccination

Que se passe-t-il ces derniers jours ?

Échauffourées, barrages éphémères... Depuis lundi, date de la première journée de grève illimitée, des barrages ont été érigés un peu partout sur l'île, bloquant les automobilistes. Dans ce contexte, plusieurs stations-service ont décidé de fermer leurs pompes, en soutien aux manifestants, avant que celles-ci ne soient rouvertes 24 heures plus tard.

Durant les manifestations contre l'obligation vaccinale, des heurts ont eu lieu, avec des gendarmes et des pompiers notamment. Lundi, deux soldats du feu ont été blessés. Deux personnes ont été interpellées pour "des faits de menaces réitérées sur agent de la force publique", rapporte le parquet.

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Samedi dernier, ils étaient déjà plusieurs centaines à bloquer la route d’accès à l’aéroport de l'île, ce qui a perturbé le trafic aérien pendant plus de trois heures. Des salariés de nombreux hôtels ont par ailleurs annoncé qu'ils cessaient le travail, et ce alors que la saison touristique est en cours.

Ce mardi, rebelote : entre 300 et 400 personnes étaient encore rassemblées devant le CHU de Pointe-à-Pitre, où s’est terminée une opération escargot des pompiers. Seuls les piétons pouvaient alors continuer de circuler. Le rectorat était également occupé par les syndicats enseignants, "en soutien aux collègues soignants de l'Éducation nationale", qui devront également recevoir leur vaccin pour continuer à exercer.

D'où vient cet appel à la grève ?

Comme en Martinique, le débat sur la vaccination obligatoire reste vif en Guadeloupe où la plupart des habitants s'opposent à son application. C'est dans ce contexte que l'appel à la grève générale a été lancé par un collectif d’organisations syndicales et citoyennes pour protester contre cette obligation et les suspensions de soignants qui en découlent. "On verra à la fin du mois qui sera suspendu", a déclaré Gaby Clavier, délégué syndical de l'UTS UGTG à l'AFP. "Si on n'est pas payé, personne ne le sera."

Combien de soignants suspendus ?

Selon la direction du CHU de Pointe-à-Pitre, 566 suspensions ont déjà été prononcées, alors que le taux de conformité avec l'obligation vaccinale des soignants est de 87%. "Le gouvernement n'entend rien, et on continuera jusqu'à ce qu'on soit entendu", a déclaré Jocelyn, représentant du syndicat Force Ouvrière chez les pompiers. Si un service minimum est assuré via des assignations et des réquisitions, le représentant syndical assure qu'il "faut que ça ne fonctionne plus pour qu'on voit qu'il y a un problème"

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Où en est la campagne de vaccination ?

Au 15 novembre 2021, moins de 135.000 des Guadeloupéens avaient reçu une première dose de vaccin contre le Covid-19, soit moins de 36% des îliens. Et ils étaient 33% à avoir tendu deux fois le bras, contre 75% des habitants de la métropole, selon les données de Santé publique France.

Pour expliquer ce rejet, le gouvernement déplore la défiance des Guadeloupéens face aux infrastructures sanitaires, alimentée par le scandale du chlordécone, sans compter leur attachement aux traitements plus "traditionnels" de la médecine, comme l'avait déjà souligné le ministre des Outre-Mer Sébastien Lecornu fin août.

Comment réagit le gouvernement ?

"La petite minorité qui essaye d'instrumentaliser cette situation augmente la pression et face à ça, il faut être très ferme", a prévenu mardi le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal sur France Inter. "On n'acceptera pas qu'on empêche des personnes d'aller se faire soigner à l'hôpital, on n'acceptera pas qu'il y ait de la pression qui soit mise sur des personnes qui ont fait le choix ou qui vont faire le choix de se faire vacciner."

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