Covid-19 : à Marseille, immersion dans un service de réanimation saturé

Covid-19 : à Marseille, immersion dans un service de réanimation saturé

TROP PLEIN - Alors que l'obsession des autorités est d'éviter la saturation des services de réanimation, certains le sont déjà, à l'image des hôpitaux de Marseille où les malades du Covid côtoient les accidentés du quotidien. Une tension dont s'inquiètent les urgentistes.

Le nombre de malades du Covid-19 hospitalisés reste à un niveau élevé, autour de 27.000, selon les chiffres diffusés ce samedi par Santé publique France. Parmi eux, plus de 3.000 patients sont en réanimation. Certes ce nombre est largement en-dessous du pic de la première vague (7.000 au printemps), à la différence qu'aujourd'hui tous les accidentés de la vie sont accueillis à l'hôpital aux côtés des patients atteints par le coronavirus. 

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Du coup, la situation se dégrade, notamment à Marseille où, en une semaine, une centaine de malades du Covid ont été hospitalisés dans les établissements publics, et trente d'entre eux ont été admis en réanimation. "Par rapport à la première vague, ce qui change fondamentalement c'est que ces lits étaient vides en attente des Covid et maintenant ils sont pleins en attente des Covid qui vont arriver, donc forcément à un moment donné ou à un autre, ça va coincer", confirme le professeur Marc Gainnier, chef du service de réanimation des urgences à l'hôpital de La Timone. 

Premiers transferts

Dans ce service, les 16 lits de l'unité sont occupés. "Ici on a un jeune homme, c'est un traumatisé au couteau, là on a un patient Covid qui est ici depuis deux semaines, donc vous voyez qu'on prend en charge les patients Covid et non-Covid les uns à côté des autres. En fait, on gère le flux un peu comme on peut tous les jours", explique le docteur Julien Carvelli, médecin-réanimateur. Résultat, pour la première fois depuis le début de l'épidémie à Marseille, les médecins ont décidé de transférer vendredi, avec l'aide du Samu, deux patients. Ils ont été transportés en avion à Saint-Brieuc, ce qui va permettre de soulager les réanimations qui se réorganisent. 

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Depuis le printemps dernier, 500 nouveaux personnels soignants ont été recrutés, mais cela ne suffit pas. Alors aujourd'hui, la direction de l'hôpital lance un nouvel appel pour embaucher des infirmiers et des infirmières. Il faut dire qu'après onze mois d'épidémie, les équipes sont épuisées. "C'est notre métier, on a l'habitude, mais c'est vrai qu'on a un épuisement moral, ça c'est sûr. On est peut être plus à fleur de peau. On prend mois de recul par rapport à ce qu'on vit, c'est compliqué", reconnaît ainsi Jennifer Dufils, infirmière dans cet hôpital de La Timone. "On est à 150% de nos capacités de réanimation donc en fait on fait le même métier mais de manière plus intense avec moins de personnel, plus de lits, et en fait on ne voit pas le bout", renchérit un de ses collègues. 

Les réanimateurs sont donc plus que jamais inquiets. En région PACA, les taux d'incidence et de positivité sont en hausse. Dès lundi, 40% de l'activité des hôpitaux sera déprogrammé. 

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