Extension du pass sanitaire : les propositions pour acheter des faux explosent sur les réseaux sociaux

Si le pass sanitaire suscite des résistances chez une partie de la population, on voit apparaître depuis quelques jours de faux certificats. Certains médecins accepteraient d'en délivrer. Mais il y a aussi des QR codes qui seraient détournés.

SOCIÉTÉ – Emmanuel Macron a annoncé lundi une extension de l'usage du pass sanitaire afin notamment d'endiguer une quatrième vague épidémique du très contagieux variant Delta. Depuis, des malfaiteurs en profitent pour proposer des faux à des prix exorbitants.

Il n'aura pas fallu attendre longtemps pour qu'ils fassent leur apparition en masse sur les réseaux sociaux. Depuis l'allocution du président de la République annonçant une extension du pass sanitaire dans des délais très courts, les comptes ou les hashtags qui portent le nom ou la mention "fauxpass", "passcovid", "passsanitaire", ont fleuri sur Twitter, Snapchat ou Instagram. 

En quelques clics, on vous promet le sésame qui vous permettra d'accéder sans difficulté aux bars, restaurants, salle de sports et même de monter à bord d'un avion.

"J'ai tapé faux 'pass sur Snap', et là, j'ai trouvé des dizaines de propositions, relate Paul à LCI. Les prix varient selon les vendeurs. Il paraît qu'il y avait avant lundi des faux à 30 euros, maintenant, c’est fini, le minimum est de 200-250 euros, et ça peut monter à 500 pour ceux qui sont 'parfaits'". 

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De l'argent et quelques documents à fournir

En plus du virement Paypal, Western Union, Moneygram, ou Paysafe Card requis pour avoir son faux "pass", les malfrats demandent aux acheteurs plusieurs informations qui leur sont nécessaires pour rédiger ou "faire rédiger" par un "médecin" "ou un pharmacien", selon certains, le faux document et produire sa copie sous forme numérique avec notamment le QR code obligatoire. "Numéros de sécurité sociale, numéro de téléphone, nom et prénom" sont donc requis. La remise peut se faire parfois en main propre avec un paiement cash si le vendeur se trouve sur la commune de l'acheteur. 

Certains malfaiteurs proposent même des offres spéciales : "J'arrange si vous êtes plusieurs (l'équipe à partir de 5)", écrit l'un d'eux avant d'ajouter : "10 euros si vous partagez la story".  Un autre écrit : "Peur du vaccin, des effets secondaires, ici votre pass sanitaire sans se faire vacciner", pour 300 euros. 

D'autres font des prix en fonction du pass mentionnant une ou deux injections : "230 euros le pass avec deux doses et 180 euros avec une seule". Et de préciser : "Les délais de traitement sont de 24 à 48 heures après réception des informations et du paiement". 

Louise, qui refuse catégoriquement de se faire vacciner par peur des effets secondaires, indique à LCI qu'il est "très simple" d'obtenir son faux pass. Elle concède toutefois qu'il est difficile de voir en amont si la "copie est conforme". "La seule manière de savoir si le faux pass et de qualité ou pas, c'est de se faire contrôler et de voir si on se fait prendre ou pas, mais ça on ne peut pas le savoir en amont.

Acheteurs et vendeurs risquent gros

Ce jeu n'est pourtant pas sans risque. Ainsi, pour les fabricants de faux et les usagers de faux, les peines encourues sont importantes. Le délit de faux ou d'usage de faux est en effet puni de 3 ans de prison et de 45.000 € d'amende. La personne qui fabrique et utilise des faux documents risque les mêmes peines. Si le faux document est un document délivré habituellement par une administration (carte d'identité, carte vitale...), les peines sont de 5 ans de prison et de 75.000 € d'amende.

Ce mercredi, selon l'avant-projet de loi incorporant les nouvelles dispositions annoncées par Emmanuel Macron, on apprend par ailleurs que l'exploitant d'un lieu qui manquerait aux futures obligations de contrôle du pass sanitaire sera passible d'une amende allant jusqu'à 45.000 euros et d'un an de prison. Le texte crée par ailleurs un nouveau motif de licenciement, et élargit à toute personne contaminée les mesures de placement à l'isolement pendant dix jours. Le texte doit être adopté lundi 19 juillet en Conseil des ministres puis examiné par le Parlement dans la semaine.

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