Covid-19 : hospitalisations, taux d'incidence... faut-il s'inquiéter du léger rebond des indicateurs ?

Covid-19 : hospitalisations, taux d'incidence... faut-il s'inquiéter du léger rebond des indicateurs ?

ÉCLAIRAGE - Parallèlement à un taux d'incidence en hausse en France pour la première fois depuis le mois d'août, les hospitalisations ont enregistré un timide sursaut ce week-end après plusieurs semaines de baisse consécutive. Comment interpréter ces progressions ?

Un rebond inquiétant ? 1057 nouveaux cas de Covid-19 ont été détectés ce lundi, selon les dernières données des autorités sanitaires. Avec environ 4640 cas confirmés par jour, la moyenne de nouveaux cas hebdomadaire continue d'augmenter (+10 % environ) à l'instar du taux d’incidence, tous âges confondus, qui flirte désormais avec le seuil d’alerte de 50 (48,4). 

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Le taux d’hospitalisation pour Covid-19 accuse, lui aussi, une légère hausse avec 6468 malades hospitalisés dans le pays ce lundi, contre 6448 dimanche, selon le dernier bilan de Santé publique France. Parmi eux, 277 nouveaux patients infectés par le Sars-CoV-2 ont été admis entre dimanche et lundi et 41 sont décédés. Si ces chiffres attestent bel et bien d'une timide dégradation de certains indicateurs de l'épidémie, ils restent pour l'heure à relativiser, pour au moins deux raisons.

De quoi relativiser

D'une part parce qu'ils sont à mettre en parallèle avec d'autres indicateurs qui, eux, restent stables ou en baisse. C'est le cas du nombre total de personnes prises en charge dans les services de soins critiques, lui, en très légère diminution, avec 67 nouvelles entrées ces dernières 24 h et 1049 patients actuellement pris en charge (-3 en 24 h), contre 1 052 la veille, et 1145 il y a sept jours. A noter en outre que le chiffre des hospitalisations est, lui aussi, en baisse sur une semaine, puisqu'il se situait à 6729  lundi dernier.

D'autre part, parce que les niveaux atteints actuellement n'ont pour l'heure rien de comparable avec les niveaux atteints lors des précédentes vagues. Ainsi, si le frémissement du taux d'incidence s'observe aussi localement avec des augmentations de 30%, 40% voire 50% qui peuvent sembler, à première vue, conséquentes, les chiffres bruts ont de quoi relativiser ce constat. A titre de repère par exemple, dans le Finistère, le taux d'incidence a doublé mais, dans le détail, il est passé de 13 pour 100.000 habitant à 26 ce qui reste faible. Même analyse en Haute-Corse et en Vendée, où les taux d'incidence sont passés respectivement de 24 pour 100.000 habitants à 36 et de 25 à 44. En d'autres termes, si l'évolution mathématique semble importante, l'évolution sanitaire reste pour l'heure très mesurée.

Hausse des cas ne signifie "pas forcément arrivée d'une vague hospitalière"

"On savait que la saison froide arrivant, il y a des risques que l'épidémie reparte mais le fait qu'une partie très importante de notre population maintenant soit vaccinée va limiter les dégâts de façon importante", a résumé ce lundi sur LCI le Pr Robert Cohen, pédiatre à l'hôpital intercommunal de Créteil (Val-de-Marne) alors qu'une reprise est observée dans certains départements ayant fait tomber le masque à l'école. 

"J'avais prédit que l'épidémie reprendrait aux alentours du 15 octobre - à l'approche de la période automne-hiver. Certains m'ont qualifié de pessimiste, mais les maladies infectieuses, c'est une histoire qui se répète. Et ce n'est pas inquiétant pour autant", abonde auprès de l'Express le Pr Benjamin Davido, infectiologue à l'hôpital Poincaré de Garches, évoquant "la conjonction de la saisonnalité et du relâchement des gestes barrières lié au fait que nous sommes vaccinés". Et de poursuivre : "À partir du moment où le virus va sévir en automne ou en hiver, il trouvera une saisonnalité - ce qui permet aussi de mieux comprendre le virus. Pour l'instant, on n'avait pas réussi à observer cela concernant le Covid-19".

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"Par ailleurs, l'augmentation des contaminations ne signifie pas forcément l'arrivée d'une vague hospitalière", a-t-il insisté avant de détailler son propos. "Actuellement, on se situe à un moment de répit (...) notre objectif est de tout faire pour qu'il n'y ait pas de vague hospitalière. Mais l'une de mes inquiétudes est de savoir si l'on ne va pas se retrouver avec des personnes hospitalisées qui ne se sont pas encore vues injecter de troisième dose (le nombre de cas positifs chez les 60-79 ans est en hausse de 21%".

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