"Les gestes barrières ont totalement explosé" : l'alerte de Jean-François Delfraissy face à la 4e vague

"Les gestes barrières ont totalement explosé" : l'alerte de Jean-François Delfraissy face à la 4e vague

MESURES SANITAIRES - Devant les sénateurs, le président du Conseil scientifique Jean-François Delfraissy a dénoncé le relâchement des Français face au rebond épidémique. Il prédit un combat contre le virus qui sera encore très long.

On s'attendait à une piqûre de rappel. Face à l'explosion du variant Delta, c'est un coup de semonce qu'a livré Jean-François Delfraissy, jeudi devant la commission des lois du Sénat. Auditionné dans le cadre des débats sur la gestion de la crise sanitaire liée au Covid-19, le président du Conseil scientifique a mis en garde les Français contre un relâchement des gestes barrières face à ce variant "qui ne semble pas plus dangereux pour l'instant", mais qui est hautement contagieux. 

Le recours au pass sanitaire, actuellement débattu au Parlement, "ne va pas changer fondamentalement la réponse à la 4e vague", a indiqué l'immunologue, rappelant que cette vague est déjà là. "La réponse va s'appuyer sur une augmentation de la vaccination, sur l'application du pass sanitaire, mais aussi sur les lieux de contamination : il faut revenir aux gestes barrières simples, individuels." D'autant qu'avec ce variant, "on peut clairement s'infecter à l'extérieur". 

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Variant Delta : la France face à une quatrième vague

Le port du masque, y compris pour les personnes vaccinées

Or, selon Jean-François Delfraissy, ces gestes barrières "ont totalement explosé". "Vous avez oublié, moi aussi un peu", a-t-il expliqué aux sénateurs. "On se lave beaucoup moins les mains qu’avant."

Le scientifique plaide pour le maintien du port du masque. "C'est compliqué, je le sais, mais dans une phase de très haute contamination telle qu'on va l'être début août, le port du masque, y compris chez les gens vaccinés, ne touche pas fondamentalement aux libertés républicaines."

D'autant que, affirme le président du Conseil scientifique, "on sait où l'on se contamine. Le pic aux Pays-Bas et dans le nord de l'Allemagne, c'est lié aux boîtes de nuit. Les clusters sont venus de là. En Angleterre, l'impact de l'Euro commence à se voir : ce n'est pas lié aux matches, mais aux bus où l'on chante, aux pubs où l'on va boire après"

Le message est simple : au-delà de la vaccination et des mesures sanitaires prévues par l'exécutif, "c'est entre les mains de nos concitoyens, ce sont aussi les petites mesures" qui doivent permettre de limiter la propagation de ce variant. 

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Après le Delta, les deux scénarios du futur variant

Lors de son audition, l'immunologue a également évoqué l'évolution du virus à partir de la rentrée prochaine. Au-delà du variant Delta, qui va entraîner une situation "très complexe" cet été, il ne faut pas s'attendre à la fin de la pandémie à court terme. "On est sur quelque chose de long, il faut qu'on parte avec une vision de long terme, même si c'est difficile à entendre", a-t-il martelé. 

Après le variant Delta, les virologues envisagent deux scénarios. Dans le premier, des mutations similaires à celles déjà observé pourraient conduire, dans un délai "de l'ordre d'une année, à avoir peut-être un autre variant, jusqu'à l'épuisement final" du virus. Dans le second scénario, un "variant d'échappement immunitaire" pourrait contraindre à fabriquer de nouveaux vaccins pour combattre le virus. La perspective, au-delà du variant Delta, est d'ores et déjà de rencontrer un autre variant "dans le courant de l'hiver ou du printemps 2022"

Dans tous les cas, a conclu l'immunologue, l'une des solutions est d'arriver à une couverture vaccinale "qui soit proche de 95%". 

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