Nombre de convives, aération... Comment éviter de se contaminer lors des fêtes de fin d'année ?

Nombre de convives, aération... Comment éviter de se contaminer lors des fêtes de fin d'année ?

GESTES BARRIÈRES - Si les objectifs sanitaires sont atteints, le confinement sera levé dès le 15 décembre et il ne sera donc plus en vigueur pour les fêtes de fin d'année. Mais comment limiter le risques de transmission lors des réveillons de Noël et du jour de l'An ?

Noël et le jour de l'An. Deux échéances auxquelles se raccrochent de nombreux Français soucieux de pouvoir retrouver leurs proches pour les fêtes de fin d'année. Mais des inconnues demeurent sur les conditions dans lesquelles va notamment se dérouler ce premier Noël sous Covid. 

Et pour cause : malgré la levée du confinement censée intervenir le 15 décembre, si les objectifs sanitaires sont atteints, le risque épidémique ne sera pas nul. Loin de là. "Le virus circule encore beaucoup (...) donc dans un mois on verra, il faudra suivre les indicateurs mais vraisemblablement il y aura encore une circulation du virus non négligeable", prévenait sur LCI le président de la commission médicale d'établissement de l'AP-HP (Assistance publique - Hôpitaux de Paris), Rémi Salomon.

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Il s'agira alors le jour J de composer avec le besoin légitime de tout un chacun de recharger les batteries auprès de ses proches en cette période de l'année et la prudence de rigueur dans un contexte si particulier. Voici quelques pistes pour respecter au mieux ce subtil équilibre et aborder sereinement les fêtes de fin d'année.

Limiter le nombre de convives

Pour les repas de fête, "il nous paraît raisonnable de vous recommander une jauge de six adultes, sans compter les enfants", a indiqué Jean Castex lors d'une conférence de presse jeudi 3 décembre. Auparavant, le président de la République avait, lui, invité les Français à la responsabilité et, lors des réunions familiales, à limiter "au maximum le nombre d'adultes ensemble dans une même pièce à un même moment". Pour rappel, lorsque la situation sanitaire a commencé à se dégrader mi-octobre, une jauge de six personnes maximum à table avait été fixée, et ce en comptant les enfants. Selon un sondage Odoxa-Dentsu consulting pour franceinfo et Le Figaro, six personnes sondées sur dix disent d'ailleurs vouloir être "raisonnables" notamment sur cette "règle des six" maximum à table à l'occasion des fêtes de fin d'année.

"Au-delà de six, il y a un risque", a notamment estimé sur RMC le Professeur Eric Caumes, chef de service des maladies infectieuses à la Pitié Salpêtrière à Paris, invité à donner son avis de spécialiste sur la jauge idéale pour les repas de fêtes de cette fin d'année en l'absence de recommandation officielle pour l'heure. Et d'ajouter : "Il va falloir faire très attention tant que l'on n'a pas une immunité acquise par la vaccination ou naturellement". Pour le Professeur Caumes la jauge dépend aussi de "la taille de l'appartement, de l'endroit où vous vous trouvez mais qu'autour de la table, avec les chiffres de l'épidémie d'aujourd'hui, il faudra éviter d'être plus de dix".  

Quel que soit le nombre de convives retenu, "il faut éviter que les gens changent de place au cours du repas", alerte le virologue et directeur de recherches CNRS à l'Université Paris-Saclay Yves Gaudin.

Eviter les brassages de groupes d'un jour à l'autre

Outre la limitation du nombre de convives, plusieurs spécialistes invitent à éviter les brassages durant cette période de fêtes. C'est le cas du virologue Yves Gaudin. "Si vous êtes dix le soir du réveillon et de nouveau dix le 25 mais avec un autre groupe de personnes, les groupes se mélangent et la probabilité de transmettre le virus augmente, le vrai risque c'est ça donc moins on a de contact mieux c'est", estime-t-il. En outre, poursuit-il, il n'est pas forcément opportun, "de dormir les uns chez les autres, même si cela peut se produire d'habitude, surtout le 31."

D'ailleurs c'est en ce sens que vont les recommandations concernant le déroulé des fêtes de fin d'année au Royaume-Uni. Trois foyers différents pourront se rassembler au même endroit et uniquement sur une période de cinq jours maximum, du 23 au 27 décembre. 

"Aérer, aérer, aérer"

"Le moment du repas est le plus risqué", a insisté ce mardi le président de la commission médicale d'établissement de l'AP-HP (Assistance publique - Hôpitaux de Paris), Rémi Salomon, soulignant le risque accru de contamination au moment de manger, en l'absence inévitable de masque.

 "Comme le port du masque n'est pas possible tout le temps, et d'autant plus en famille, focalisons nous sur l’aération", recommande sur ce point Yves Gaudin. Depuis les prémices de la crise sanitaire, le virologue martèle en effet ce message comme une consigne clé.  "Aérez, aérez, aérez : aérez le matin pour chasser les aérosols de nuit, aérez la journée, voire en continu si la météo le permet et la configuration du logement aussi", souligne celui pour qui la thèse de la transmission aérienne du Covid 19 tombe sous le sens. Et d'insister : "gardons à l'esprit que les modes de transmission en famille sont les mêmes qu'ailleurs : par aérosols qui flottent dans l'atmosphère et par gouttelettes en surface ". 

Eviter les accolades et les bisous

Rappelant l'importance des gestes barrières, y compris en famille, tous les spécialistes appellent en outre à éviter les embrassades bien qu'elles puissent être tentantes en pareille occasion. "Évitez de chanter, de brailler autant que possible", poursuit Yves Gaudin, un brin taquin et lucide sur la difficulté que cela implique encore une fois lors d'évènements réputés joyeux comme les fêtes de fin d'année. En appelant au bon sens de chacun, il ajoute dans le même registre : "évitez d'aller picorer dans l'assiette du voisin ce jour là". Mais surtout, insiste-t-il, "respectez les gestes barrières, en premier lieu vis-à-vis des personnes âgées si elles sont présentes ce jour là". Jean-Pierre Thierry, médecin spécialisé en santé publique abonde, pour Midi-Libre : "Il faudra fixer des limites, par exemple (...) la façon dont on se comportera". 

Une personne dédiée au service, une table par génération....

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Outre ces recommandations formulées par des professionnels de santé, d'autres conseils ou astuces, plus subjectifs et non corroborés par des experts, fleurissent ici et là. A prendre ou à laisser donc. Parmi eux : séparer les générations en deux tables quand la configuration du logement le permet. Ou encore, le fait d'adopter certains gestes pratiques pour limiter le risque de transmission, comme mettre l'accent sur les portions individuelles ou préférer les couverts de service aux individuels pour se servir dans un plat commun le cas échéant. Dans la même logique, certains encouragent à ce qu'une seule personne se consacre au service, pour éviter les risque de transmission manuportées peut-on imaginer, ou encore éviter les éventuels encombrements en cuisine qui empêcheraient le bon respect des gestes barrières. 

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