En 2020, la surmortalité a été deux fois plus élevée chez les étrangers de France

Service de réanimation à la Polyclinique Jean Villar, Bruges, Nouvelle-Aquitaine

ÉCART - Selon des statistiques de l'Insee publiées vendredi, les personnes nées à l'étranger ont connu pendant la première vague de l'épidémie une surmortalité deux fois plus élevée que celles nées en France.

Si les décès ont augmenté en général de 9% en 2020 par rapport à l'année précédente en France, avec 669.000 décès, ceux concernant les personnes étrangères ont bondi de 17%. C'est ce que révèle l'Insee dans ses statistiques publiées vendredi. "Pendant la première vague de la pandémie, la hausse des décès des personnes nées à l'étranger a ainsi été 2,1 fois plus forte en moyenne que celle des personnes nées en France", écrit l'Institut national de la statistique. 

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Les ressortissants africains particulièrement touchés

Dans le détail, la surmortalité frappe surtout les ressortissants africains, avec une hausse de 21% chez les personnes nées au Maghreb (40.100 décès) et 36% chez celles nées dans un autre pays d'Afrique (7.400). Les ressortissants asiatiques ont aussi connu une forte surmortalité, avec un bond de 29% des décès (6.300), alors que les étrangers originaires d'Europe, d'Amérique ou d'Océanie enregistrent une hausse de leur mortalité "proche de celle observée pour les personnes nées en France".

Si l'Insee affirme que son étude "ne permet pas d'expliquer la différence de surmortalité" entre les populations, dans une précédente étude parue en juillet, l'Institut présentait la densité de population comme un facteur pouvant expliquer de telles différences de mortalité selon les origines. À l'époque, il était précisé que les personnes nées en Afrique ou en Asie résident environ deux fois plus souvent (environ 70%) dans les territoires les plus densément peuplés par rapport aux personnes nées en France (35%). Des zones où la transmission du virus a été - et reste - plus forte que dans des communes peu denses. 

La situation économique joue aussi un rôle prépondérant dans la surmortalité expliquait encore l'Insee l'été dernier. La proportion d'individus ayant un logement de petite surface, prenant les transports en commun pour se rendre au travail ou ayant travaillé en dehors de leur domicile durant le confinement est plus importante chez les personnes originaires d'Afrique et d'Asie que celles nées en France. 

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Dans sa dernière publication, l'Insee relève en outre que l'écart s'est surtout creusé aux mois de mars et avril 2020, lorsque la situation épidémique a conduit au premier confinement. Sur ces deux mois, "toutes causes confondues, les décès de personnes nées à l'étranger ont augmenté de 49%" par rapport à la même période de 2019, contre 23% chez celles nées en France. En particulier, les données de l'Insee révèlent qu'à cette période la surmortalité a culminé à 55% chez les Maghrébins, 117% chez le reste des citoyens du continent africain et 92% chez les Asiatiques. Enfin l'Institut statistique indique que le ratio de la surmortalité des étrangers "est plus modéré pour la deuxième vague (1,7 contre 2,1), même s'il demeure élevé".

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