Couvre-feu avancé, confinement... Quelles pistes pour le 31 décembre si la situation se dégrade ?

Sommes-nous à l’aube d’un troisième confinement ? Local ou national ? Quelles sont les pistes envisagées suite au rebond de l’épidémie ? De nombreuses questions restent en suspens alors qu’un conseil sanitaire de défense a eu lieu ce mardi. Explications.

DILEMME - Face au scénario d'une troisième vague meurtrière, un durcissement des mesures sanitaires pour le réveillon du 31 décembre n'est pas à exclure. Alors que les voyants sont au rouge dans plusieurs régions, un Conseil de défense doit se tenir ce mardi pour évaluer la situation.

Après la souplesse, la fermeté ? Alors que la deuxième vague décroît moins vite que la première, le potentiel effet rebond des fêtes inquiète. Si bien que l’hypothèse d’une France de nouveau sous cloche ne semble plus être un tabou au sein de l'exécutif. Les autorités sanitaires redoutent en effet l'arrivée d'une troisième vague dans les semaines qui suivent les fêtes de fin d'année et le gouvernement n’exclut pas de prendre "les mesures nécessaires, si la situation devait s’aggraver", a averti dimanche le ministre de la Santé, Olivier Véran, dans un entretien au Journal du Dimanche.

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Face à la hausse du nombre de cas de contamination au Covid-19 en France (15.000 en moyenne par jour), l'exécutif a décidé de convoquer un Conseil de défense ce mardi afin d'anticiper un éventuel rebond épidémique. De nouvelles mesures sanitaires pourraient être décidés afin de limiter la circulation du virus alors qu'une troisième vague se profile à l'horizon. Le Nouvel An sera évidemment au cœur des discussions. "Le meilleur moyen de célébrer l’entrée dans la nouvelle année, c’est de ne pas la célébrer !", a martelé dimanche le ministre de la Santé. Reste à savoir si cela sera contraint et forcé. 

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Couvre-feu et rassemblement limité

Pour l'heure, si les Français pourront a priori recevoir leurs proches (famille et amis) pour fêter l'arrivée de 2021, le gouvernement a fixé la jauge à six personnes (sans compter les enfants) tout en appelant au respect des gestes barrières, notamment le port du masque avant et après le repas.  De manière à limiter les allers et venues des Français, à la différence du 24 décembre, le couvre-feu nocturne ne sera pas levé le soir de la Saint-Sylvestre. Il commencera, comme chaque soir depuis la mi-décembre, à 20 heures, et se terminera le lendemain à 6 heures. Les convives seront toutefois autorisés à rester dormir sur place, comme l'avait indiqué le Premier ministre Jean Castex lors de son allocution.

Les pistes du confinement local et du couvre-feu avancé

Dans la région Grand-Est, où l'épidémie est très active laissant craindre une nouvelle saturation du système hospitalier, des élus appellent à des mesures plus strictes face à la hausse du nombre de cas de contamination au Covid-19. Parmi elles, figure notamment l'instauration d'un reconfinement local. "Une perspective aujourd'hui inéluctable", estime le maire (PS) de Nancy, Mathieu Klein, tout en laissant à l'État le soin d'en fixer le périmètre, qui pourrait selon lui être la région ou la métropole. Le maire (LR) de Reims, Arnaud Robinet, avait déjà lancé un appel similaire la semaine dernière.

C'est également dans les Alpes-Maritimes, où la situation est également préoccupante. Le maire (LR) de Nice Christian Estrosi a convoqué ce lundi un conseil de santé publique, face à des indicateurs Covid en hausse (dont le taux de positivité proche de 7%) et un "relâchement dans le respect des gestes barrière et de la distanciation sociale". L'édile se refuse à invoquer un confinement local mais il entend demander au préfet d'avancer le couvre-feu à 18 ou 19 heures dans les quartiers où la circulation du virus est plus élevée qu'ailleurs.

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Covid-19 : Nancy souhaite se reconfiner

Un mini-confinement après le 31 ?

Redoutant l'organisation de soirées clandestines à l'occasion du Nouvel An qui pourraient réunir un grand nombre de personnes, deux spécialistes de santé publique, Philippe Amouyel et Luc Dauchet, suggèrent dans une tribune publiée dans le JDD d'aller plus loin et d'instaurer "un confinement éclair du 31 décembre au 2 janvier" sur l'ensemble du territoire. Selon eux, "le respect limité de l’isolement, la reprise des rencontres familiales et amicales et les contaminations lors des repas" sont à l'origine du rebond épidémique qui touche actuellement les régions du Grand-Est, Bourgogne-Franche-Comté et Auvergne-Rhône-Alpes.

Alors que de nombreux pays, comme l'Allemagne, l'Angleterre, l'Italie ou encore la Suisse, ont d'ores et déjà pris des mesures de reconfinement, la France a "fait le choix de mesures strictes et difficiles plus tôt pour laisser les Français souffler pendant les fêtes" après une année difficile, même si "cela a marché, pas assez, certes", a reconnu dimanche Olivier Véran dans le JDD. "Nous saurons vite si les rassemblements familiaux et festifs auront un impact", a-t-il encore expliqué, ajoutant qu'il attendait encore les données épidémiques des vacances de Noël. 

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