Déplacements à Pâques : faut-il craindre une contamination des "zones vertes" par les "zones rouges" ?

Déplacements à Pâques : faut-il craindre une contamination des "zones vertes" par les "zones rouges" ?

CRISE SANITAIRE - Alors que de nouvelles mesures vont entrer en vigueur sur tout le territoire, plusieurs maires de communes du littoral appellent les habitants venus s'y confiner au strict respect des gestes barrières. Mais existe-t-il vraiment un risque de propagation du virus dans les territoires moins touchés ?

Si de nouvelles mesures pour juguler la troisième vague de l'épidémie de Covid-19 vont entrer en vigueur, le gouvernement laisse un week-end de tolérance avant la mise en place des sanctions. L'occasion pour une partie de la population de se déplacer pour passer les quatre prochaines semaines loin des grandes villes, ou confier les enfants aux grands-parents. Mais ces flux inquiètent les élus des communes du littoral, qui voient débarquer de nombreux nouveaux habitants.

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La France face à une 3ème vague d'ampleur

"Nous voyons beaucoup de monde arriver", confirme sur LCI Gilles Lurton, maire (LR) de Saint-Malo. "Je crains qu'il y ait beaucoup de monde dans les rues de Saint-Malo samedi et dimanche. Notre police municipale est mobilisée. S'il faut verbaliser, nous verbaliserons", prévient-il d'ores et déjà. "Nous ne pouvons qu'être bienveillants vis-à-vis des personnes qui souhaitent passer leur confinement dans des villes littorales, mais il faut qu'elles respectent les gestes barrières, portent le masque et fassent très attention à ne pas se regrouper."

"La deuxième vague a commencé par les zones estivales", rappelle un épidémiologiste

Même son de cloche plus au sud, du côté de Biarritz. "Je demande aux personnes qui viennent se confiner ici le strict respect des gestes barrières", indique la maire (LR), Maider Arosteguy, sur LCI. "J'ai également demandé au préfet du renfort. Que l'on vienne se confiner au Pays Basque est une chose, mais je leur demande le strict respect par rapport aux habitants."

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Les habitants d'Île-de-France ou des Hauts-de-France, régions les plus touchées par la troisième vague, peuvent-ils vraiment provoquer un rebond épidémique à l'autre bout du pays ? Pour Philippe Amouyel, épidémiologiste et professeur de santé publique au CHU de Lille, "il y a un vrai risque". "Les Chinois ont modélisé les déplacements, notamment en train, lorsque l'épidémie est partie de Wuhan", explique-t-il à LCI. "Le virus est ensuite allé dans d'autres territoires. Pareil pour les Anglais ou les Italiens."

En France, si aucune étude n'a été réalisée, "un élément est assez caractéristique" du risque provoqué par ces déplacements. "Au printemps 2020, la première vague a touché essentiellement le Grand Est, l'Île-de-France et les Hauts-de-France. Pas du tout Bordeaux, Toulouse, et très peu Marseille", rappelle Philippe Amouyel. "Et puis il y a eu les vacances d'été. La deuxième vague a ensuite commencé par Marseille, Bordeaux, Rouen… C'était probablement un effet de transmission vers les zones estivales." D'où l'appel à la prudence des villes côtières…

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