Variant Delta : faut-il refermer les discothèques ?

Variant Delta : faut-il refermer les discothèques ?

COVID-19 - Rouvertes depuis à peine deux semaines en France moyennant des protocoles drastiques, les discothèques ont été le théâtre de plusieurs clusters importants. Des lieux de contaminations pointés jeudi par le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy.

Sitôt rouvertes, déjà suspectes, bientôt fermées ? À peine deux semaines après leur réouverture en France, les discothèques, qui étaient restées sous cloche pendant près d'un an, sont d'ores et déjà au cœur de plusieurs clusters potentiels, au point d'inquiéter les autorités.

Et ce, malgré un protocole particulièrement restrictif : elles ont été soumises au pass sanitaire dès le 9 juillet. Certains établissements proposent de réaliser sur place des tests pour ceux qui ne sont pas vaccinés, comme la boîte de nuit Naho Club à La Garde dans le Var, présentée dans le reportage en en-tête. "Je préfère être dur à l'entrée que de refermer et d'avoir un cluster à l'intérieur", explique Julien, responsable de la discothèque.

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Variant Delta : la France face à une quatrième vague

Plusieurs autres établissements seraient en effet déjà à l'origine de foyers de contamination, dans le contexte de la diffusion du très contagieux variant Delta. Deux d'entre eux ont été identifiés dans l'est de la France entre le 13 et le 17 juillet. L'un au Discopolis de Charmes (Vosges) - 44 personnes identifiées et 1000 cas contacts potentiels -, l'autre à Mathay (Doubs) - 85 personnes testées positives, selon l'ARS de Bourgogne-Franche-Comté. Les deux établissements ont fermé leurs portes provisoirement. 

78 cas dans une discothèque de Lille

Mardi 20 juillet, l'ARS de Nouvelle-Aquitaine avait signalé 81 personnes testées positives après trois soirées électro organisées dans un club bordelais, le Hangar FL, entre le 9 et le 13 juillet, qui avaient rassemblé près de 2000 personnes. Des témoignages sur les réseaux sociaux avaient mis en cause le respect du contrôle des pass sanitaires à l'entrée de ce lieu. Et samedi, une autre alerte est venue, cette fois, d'un établissement lillois où 78 clients ont été diagnostiqué positifs selon un premier "contact tracing" des autorités qui appellent les autres clients à se faire tester. Seul problème : ces contaminations remontent ont eu lieu entre le 13 et le 17 juillet. Toutes les personnes positives ont été invitées à s'isoler pendant 10 jours. 

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Faut-il déjà durcir les règles ?

Après ces cas, le président du syndicat Umih Nuit, Thierry Fontaine, s'est dit favorable, vendredi auprès de l'AFP, à un durcissement des règles sanitaires, estimant que des tests PCR ou antigéniques de moins de 12 heures pourraient être exigés à l'entrée, au lieu du délai de 48 heures actuellement prévu par le protocole sanitaire des boîtes de nuit et par les règles encadrant le pass sanitaire, actuellement au cœur d'un projet de loi

Outre la question des tests, la vaccination ne suffit pas toujours à endiguer complètement la transmission du virus. "Le pass sanitaire permet de diminuer les risques de contamination, mais ne les élimine pas complètement, corrobore le Dr Jean-Pierre Thierry, conseiller médical chez France Assos Santé, dans le reportage en en-tête. Même les gens vaccinés depuis peu peuvent avoir des Covid asymptomatiques. Ils seront moins contagieux, mais pourront néanmoins passer le virus à d'autres personnes."

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Clusters : faut-il déjà refermer les discothèques ?

Il faut dire que les discothèques sont d'ores et déjà dans le viseur du gouvernement. Invité, mercredi, dans le 13h de TF1, Jean Castex a rappelé que "ce sont des endroits où, effectivement, compte tenu des activités qui s'y déroulent, la circulation virale a tendance à y être la plus forte". Le Premier ministre a indiqué qu'elles sont "sous vigilance forte, sous surveillance forte en particulier".

Jeudi, devant la commission des lois du Sénat, le président du Conseil scientifique Jean-François Delfraissy a lancé une alerte spécifique à ce sujet. "On sait où l'on se contamine. Le pic aux Pays-Bas et en Allemagne du Nord, c'est lié aux boîtes de nuit. Les clusters sont venus de là", a expliqué l'immunologue, appelant à un retour des gestes barrières face au variant qui sévit. 

"Dans un contexte de contamination très large, il faut revenir aux mesures barrières simples", a-t-il insisté le lendemain sur BFMTV. Selon lui, cela pourrait permettre de "gagner probablement 20% en termes d'hospitalisations". Même "si vous être vacciné et que vous êtes dans une situation de foule, portez le masque", a-t-il insisté, spécifiquement à l'intérieur.

Si aucune restriction n'a été annoncée pour l'heure, les professionnels redoutent une nouvelle fermeture générale des établissements de nuit. Alors que la France rouvrait ses discothèques le 9 juillet, la Catalogne, face à une flambée exponentielle des clusters liés à ces lieux, décidait de les refermer. Les Pays-Bas, qui avaient décidé de les rouvrir fin juin, faisaient également machine arrière il y a deux semaines après la découverte d'un vaste cluster, malgré le pass sanitaire. L'Italie, de son côté, a décidé de ne pas rouvrir ses boîtes de nuit jusqu'à nouvel ordre. 

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