Contrôles et rues désertes... comment se déroule ce week-end reconfiné à Nice et à Dunkerque ?

Contrôles et rues désertes... comment se déroule ce week-end reconfiné à Nice et à Dunkerque ?

CRISE SANITAIRE - Les habitants de Dunkerque et du littoral des Alpes-Maritimes vivent un premier week-end sous cloche. Dans ces deux villes, les forces de l'ordre sont mobilisées pour effectuer les contrôles.

Changement d'ambiance. Pour freiner l'épidémie de Covid, Nice et Dunkerque inaugurent samedi le confinement pour au moins deux week-ends. Une mesure qui guette d’autres grandes villes et départements si la situation se dégrade. Ce matin, le Premier ministre Jean Castex a demandé aux préfets des 20 départements sous surveillance accrue de renforcer les contrôles des mesures en vigueur. Alors comment se déroule la saison 3 du confinement à Nice et à Dunkerque ? Attestation pour se promener une heure, fermeture des commerces non-essentiels, contrôles... Ce tour de vis local bouleverse les habitudes de la population concernée. 

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Nice a pris des allures de ville-fantôme. Ce samedi matin, les sept kilomètres de la Promenade des Anglais sont déserts. Interdiction de s’y rendre. Mais quelques joggeurs ne sont pas au courant. Très vite, ils sont appelés à courir sur le trottoir d’en face. Dans les rues adjacentes, les passants sont rares. La cinquième ville de France n'est plus que l'ombre d'elle-même. Vidée de certains de ses habitants. En effet, ceux qui le pouvaient ont tourné le dos au confinement. "Hier soir, il y avait beaucoup d’embouteillages. Les gens sont sortis de Nice. C’est très calme depuis ce matin", assure un passant. 

À l'entrée de la commune, des agents de la police municipale attendent ceux qui veulent s'échapper. Gilet fluorescent sur le dos, ils réclament une attestation de déplacement et une pièce d’identité. Aucun véhicule n’y échappe. "J'ai loué une maison dans le Var", affirme une automobiliste qui montre un justificatif. Dans le vieux Nice, place Massena, une quarantaine d’agents de la police municipale et nationale sont présents. En une heure, 90 contrôles dont 12 verbalisations. "Fini la pédagogie, répression pour les personnes qui seraient en infraction", promet le commissaire de police Olivier Malaver, responsable des unités de voie publique à Nice. 

Un premier week-end test

Dans les allées du marché niçois, le confinement local ne fait pas l'unanimité auprès de la population. "Le confinement ne mène à rien si on ne contrôle pas l’aéroport de Nice – le deuxième de France. Cela fait des mois que le CHU de Nice réclame des contrôles aux aéroports", s'agace une passante. Derrière les étals, certains commerçants s'impatientent face aux mesures de restrictions sanitaires qui n'arrangent pas leurs affaires. "Y a dégun (personne en patois du sud-est de la France) ce matin ! Si ça continue comme ça, on ne reviendra pas samedi prochain", lance un producteur de fruits et légumes un peu dépité.

À Nice, les autorités locales naviguent aussi à vue et attendent les premiers résultats de ce confinement local. "Il faudra attendre sept à dix jours pour voir si le confinement de ce week-end portera ses fruits en matière de circulation du virus", explique le préfet des Alpes-Maritimes Bernardo Gonzalez. Avec un taux d’incidence trois fois supérieur à la moyenne nationale, le préfet envisage déjà de nouvelles restrictions. 

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À plusieurs centaines de kilomètres, les Dunkerquois se retrouvent aussi sous une chape de plomb ce week-end. Au total cinq-sept communes autour de cette ville du Nord sont concernées par ce confinement. "Les étals sont un peu plus calmes, mais on voit que les gens sont venus de bonne humeur", sourit une commerçante. Dans le passage, les habitants profitent de leurs courses pour se dégourdir les jambes et s’engager dans une promenade – dans un périmètre de cinq kilomètres. "J'achète du fromage, du beurre, ça vide la tête. Je vais sortir une heure pas plus", assure une habitante. Même scénario qu'à Nice : seuls les commerces essentiels peuvent ouvrir le week-end dont font désormais partie les librairies. 

Pour sortir, il est impératif de se munir d’une attestation obligatoire pour les 250 000 habitants du Dunkerquois. Certains l’avaient même oublié. "Il faut une attestation pour faire nos courses ? Je ne savais pas", s’étonne une femme. Des contrôles devraient être présents cet après-midi notamment sur la digue. À Bergues, près de Dunkerque, quatre gendarmes menaient des contrôles à la mi-journée devant la mairie, a constaté un journaliste de l’AFP, et une cinquantaine d'agents seront "sur le terrain au plus fort des contrôles", a indiqué le commandant Franck Chacon. Pour l'instant, la plage est ouverte et beaucoup en ont profité. 

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