Covid-19 : en plein couvre-feu, les salles de jeux clandestines prolifèrent en région parisienne

Covid-19 : en plein couvre-feu, les salles de jeux clandestines prolifèrent en région parisienne

POLICE – Avec la fermeture des casinos et des clubs de jeux autorisés en raison des restrictions sanitaires, les salles de jeux clandestines se multiplient en région parisienne.

Avec la fermeture des casinos et des clubs de jeux en raison de la crise sanitaire, les parties clandestines – appelées "tripots" dans le jargon des enquêteurs – se multiplient de façon illégale à l’arrière-salle des restaurants ou dans les immeubles des beaux quartiers parisiens. 

Comment expliquer une augmentation de ces affaires de "tripots" ? Trois facteurs, selon Eric Levy-Valensi, adjoint au chef du service central des courses et jeux (SCCJ) de la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) : "Le premier, c’est l’absence aujourd’hui d’une offre légale puisque les casinos et les clubs sont fermés", explique-t-il. "Le deuxième, ce sont les mesures de contrôles qui ont écarté des établissements de jeux légaux une certaine population que l’on va retrouver dans ces salles clandestines et le troisième, c’est une des conséquences de la loi Evin, avec des joueurs qui aiment fumer du début jusqu’à la fin de la partie. Quand on mène une opération, on se retrouve dans des salles complètement enfumées après une nuit de jeu", analyse-t-il. 

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Profils divers

Ces derniers jours, plusieurs affaires ont été réalisées par les enquêteurs spécialisés. Le 23 janvier dernier, vers 21h, les policiers du SCCJ investissent un appartement du 13e arrondissement. Une dizaine de joueurs, aux divers profils – un avocat en fait partie – sont interrompus dans leur partie de poker. Au total, 30.000 euros sont saisis. Particularité de ce tripot : les organisateurs louaient des appartements sur des plateformes et prévenaient leurs joueurs via les réseaux sociaux. Une mobilité qui devait, en principe, leur assurer la discrétion.

Le 29 janvier, ce sont les enquêteurs du "groupe jeux" de la brigade de répression du banditisme (BRB) qui ont mis fin, après une dénonciation anonyme, à une salle de jeu clandestine dans l’arrière-salle d’un restaurant asiatique au centre de grossistes à Aubervilliers. 25.000€ ont été retrouvés dans un coffre.

Dénonciations des voisins

Le couvre-feu, qui est en vigueur à partir de 18h, permet aussi aux policiers d’y voir plus clair. "Ce genre de tables clandestines pourraient passer totalement inaperçus en temps normal. Mais avec le couvre-feu, ça se voit plus, les voisins dénoncent plus facilement", souligne un policier parisien. Ce qui s'est produit le 24 janvier dernier, rue de Lorraine à Paris (19e). Les policiers qui, au départ étaient appelés pour un tapage nocturne, ont découvert au premier étage d’un restaurant une table de mahjong, un jeu d’argent populaire dans les communautés asiatiques. 

Deux jours plus tard, à Bagnolet, les policiers patrouillent et passent à 2h du matin devant un bar où de la lumière s’échappe. Ils décident de contrôler l’établissement. À l’intérieur, une quinzaine de personnes attablées autour de tables de jeux. Jeux de carte, jeton, argent et une arme sont saisis. Le gérant est interpellé. Il a été condamné à 6 mois de prison pour la détention de l’arme et mise en danger d’autrui. En revanche, aucune infraction concernant la tenue d’une salle de jeux n’a été retenue.

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Jusqu’à 7 ans de prison

Même scène le 1er février dernier, à 1h du matin à La Courneuve. Dans un bar, une quinzaine de personnes jouent aux cartes. Les deux gérantes sont interpellées. Elles seront jugées le 8 mars prochain pour ouverture irrégulière d’un établissement recevant du public pendant l’état d’urgence. Et malgré la présence d’un livre de comptes et de jeux de cartes sur une table, elles non plus ne seront pas poursuivies pour ce délit. 

"Il faut pour constituer l’infraction que les joueurs aient payé un droit d’entrée. Généralement, l’argent est rassemblé dans un coffre qui est très rapidement extrait et mis à l’abri. Les organisateurs évitent ainsi le vol par l’un des joueurs. Mais ils savent aussi que c’est un élément constitutif de l’infraction", explique Eric Levy-Valensi. Organiser des parties de poker et prendre une commission, soit sur les gains, soit en instaurant un droit d’entrée, est puni jusqu’à sept ans de prison et 100.000 euros d’amende si la circonstance aggravante de bande organisée est retenue. 

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