"Les autorités sanitaires en France ont peur de leur ombre", regrette Catherine Hill

"Les autorités sanitaires en France ont peur de leur ombre", regrette Catherine Hill

INTERVIEW – Invitée ce mercredi sur LCI, Catherine Hill a multiplié les critiques à l'égard des autorités dans leur gestion de la crise sanitaire. Pour l'épidémiologiste, il est indispensable d'augmenter le nombre de tests.

"Les autorités sanitaires sont méfiantes de tout." Invitée ce mercredi sur LCI, Catherine Hill, épidémiologiste et biostatisticienne, a dressé un constat accablant de la gestion au plus haut sommet de l'État de la crise sanitaire. 

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"Les décisions sont emberlificotées par les autorités sanitaires, qui adorent faire des phrases avec des triples négations, qui sont méfiantes de tout, qui ne s'appuient pas sur la science internationale. Elles tergiversent énormément", a estimé l'épidémiologiste. La Haute autorité de santé (HAS) ? "Ce sont des médecins qui sont devenus des administratifs", a-t-elle taclé. Et de préciser : "La HAS en est encore à se demander si les prélèvements salivaires sont une bonne idée pour les tests PCR, alors que tout le reste de la planète le fait. Cela demande zéro personnel, tout le monde est capable de cracher dans un tube qu'on lui a amené sur son paillasson. Ils ont peur de tout, de leur ombre. C'est fait dans tous les autres pays !"

"On continue à ne pas tester assez"

Pour étayer ses critiques, Catherine Hill a pris l'exemple de la gestion en France des vaccins Pfizer. "On peut vacciner six personnes avec une dose Pfizer, voire 7,5. Ici, ils sont encore en train de se demander si c'est ce qu'il faut faire." Autre critique, celle-ci à l'égard des tests. "En France, on continue à ne pas tester assez, le virus anglais circule en douce, estime la biostatisticienne. Un bon indicateur c'est les cas contacts : mais quand on regarde, très peu de ces cas sont connus. Les cas qu'on repère ne sont pas tous les cas positifs. (…) Beaucoup de gens contaminés restent asymptomatiques."

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Interrogée sur la France, considéré comme l'un des pays qui teste le plus, Catherine Hill a estimé que cela "ne sert à rien". Car "on a fait des dépistages de masse au Havre. Mais on a testé que 20% de la population. C'est comme appeler un dératiseur pour s'occuper de seulement deux étages sur cinq dans votre immeuble. Cela ne sert à rien." Selon elle, "il faut isoler une zone plus large."

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